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La réindustrialisation du pays : un défi majeur

Depuis plusieurs années la part de l’industrie dans le PIB chute ‘année après année, sans qu’elle soit compensée par la valeur ajoutée des services industriels et/ou technologiques. Dans les pays développés, la part des services augmente en permanence alors que l’industrie baisse.  Aujourd’hui, en Algérie, si les services représentent une part significative dans le PIB, elle est le fait d’activités de services basiques (transports, restauration, commerce, réparation de petits outillages, services domestiques, …).

Notre économie n’a pas encore atteint un développement technologique suffisant pour abandonner les activités industrielles comme l’industrie manufacturière. L’apprentissage technologique se fera encore dans le cadre de cette industrie qui a besoin de services techniques et technologiques sophistiqués. La réindustrialisation du pays n’est pas un choix, mais une nécessité absolue. La diversification des exportations n’est que le résultat d’une industrialisation, sinon quoi exporter si notre industrie est incapable de produire des produits de qualité et compétitifs sur les marchés extérieurs.

Mais dans quelles directions doit se faire cette réindustrialisation : 1. Dans la valorisation des ressources naturelles. Nous avons remarqué, à travers les ACR (Avantage Comparatif Révélés) que l’avantage compétitif est très important lorsqu’il s’agit de produits à base de matières premières locales ou de facteurs de transformation locaux (énergie par exemple).  C’est le cas notamment des produits de la pétrochimie (engrais), de la chimie (Ciments), de la sidérurgie etc… Il est vrai que tous ces produits bénéficient du facteur énergie (gaz et électricité). 2. Dans les produits au voisinage de ces ACR, mais aller au-delà de ce que les ACR peuvent prédire pour défier ces avantages comparatifs. 3. Dans les nouvelles industries où la compétition internationale laisse encore des places aux nouveaux arrivants tant que les positions dominantes et les barrières à l’entrée ne sont pas encore établies. C’est le cas notamment des énergies renouvelables en se positionnant sur des segments de la chaine de valeur grâce à la disponibilité de l’énergie fossile et celle renouvelable en même temps ; l’occasion est offerte avec le programme national des 15000 Giga mais à condition de sortir de la formule usitée actuellement par les maitres d’ouvrages « formule EPC ». Cette formule, assimilée à l’ancienne formule du « Clé en main », n’est pas de nature à favoriser les apprentissages parmi les acteurs locaux de la filière et risque d’exclure les opérateurs locaux, encore petits pour répondre aux exigences de l’EPC.   

In fine, la réindustrialisation du pays est un défi majeur et notre force est dans les potentiels naturels (Gaz, électricité, phosphate, énergie solaire, hydrogène vert, mines, et métaux rares….). Ainsi, nous pourrons avoir une position dominante sur tout ou partie d’une chaine de valeur ; bien entendu, il ne faut rester au niveau de l’extraction et de la première transformation, au contraire il faut allonger le plus possible l’intervention des acteurs locaux dans la chaine de valeur en y intégrant des inputs et des technologies des autres filières (électrochimie, électronique, chimie industrielle, électromécanique et métallurgie….).

Il appartient à l’Etat de définir cette stratégie industrielle en arrêtant les priorités, identifiant les acteurs, définissant les incitations et un système de pilotage serré articulé à des contrats solides mettant en relation les incitations et les résultats obtenus avec les filières valorisant les potentiels naturels du pays. C’est une affaire de moyen et long terme ; le tout est de commencer immédiatement pour un meilleur positionnement dans l’économie mondiale.  

Anouar Al Andaloussi

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