Accueil / National / Infrastructures : plus de 11 % des autoroutes fortement dégradées

Infrastructures : plus de 11 % des autoroutes fortement dégradées

Le réseau autoroutier algérien, qui s’étend sur près de 1 600 kilomètres, fait face à un défi majeur : plus de 11 % de ses tronçons sont dans un état avancé de dégradation. C’est ce qu’a révélé Saïd Si Chouaïb, directeur général de l’Algérienne des autoroutes, lors du programme « Invité du matin » de la Chaîne 1 de la Radio nationale. Selon lui, environ 180 kilomètres, répartis sur plusieurs sections de l’autoroute Est–Ouest, nécessitent des interventions urgentes, et l’entreprise travaille actuellement à leur réhabilitation.

Pour répondre à ces besoins, l’Algérienne des autoroutes mène une étude de faisabilité économique et une expertise technique sur 926 kilomètres de l’autoroute Est–Ouest, depuis Tlemcen jusqu’à El Tarf. Le programme cible des tronçons prioritaires, tels que Birtouta–Khemis El Khechna, la rocade de Constantine (17 km), Bouira–El Arbaâttache et un tronçon dans la wilaya d’Aïn Defla. Les travaux de maintenance, portant sur 51 kilomètres, débuteront dès l’allocation des fonds dans le cadre de la loi de finances 2026. En parallèle, 2 832 mètres linéaires de joints de chaussée et de dispositifs de dilatation seront remplacés sur 83 ouvrages d’art, tandis que huit points de glissement à Tlemcen bénéficieront de renforts spécifiques.

Bilan 2025 : 118 km livrés et infrastructures renforcées

L’année 2025 a été marquée par plusieurs interventions importantes. Les travaux de maintenance ont permis de réparer 83,4 kilomètres de routes endommagées, de réhabiliter un ouvrage d’art, de remplacer 365 mètres linéaires de joints de chaussée et de dispositifs de dilatation, et d’installer ou renouveler 516 panneaux de signalisation. Le marquage horizontal a été réalisé sur 66 échangeurs, 25 000 mètres linéaires de glissières métalliques ont été posés, et neuf zones instables ont fait l’objet d’études.

Les travaux ont également permis la livraison de 118 kilomètres de routes, incluant les accès Batna–autoroute Est–Ouest (20,86 km), Tissemsilt–autoroute Nord–Sud (69,4 km), Mascara–autoroute Est–Ouest (14,8 km), Tizi Ouzou–autoroute Est–Ouest (5 km) et la quatrième rocade d’Alger (8 km). Plusieurs projets routiers qui étaient à l’arrêt ont vu leurs cahiers des charges actualisés, notamment les accès Guelma (22 %), Skikda (39 %) et Ténès (51 %) à l’autoroute Est–Ouest, pour assurer la reprise effective des travaux et garantir qualité, sécurité et respect des délais.

Points noirs et sécurité : des mesures urgentes

Certaines sections restent particulièrement dangereuses, comme la descente de Djebahia dans la wilaya de Bouira, longue de 7 kilomètres sur l’autoroute Est–Ouest. Cette portion connaît un nombre élevé d’accidents quotidiens. Des mesures d’urgence ont été prises en 2025, incluant la réparation des tronçons endommagés et le renforcement de la signalisation. Une étude technique et économique est également en cours pour envisager des solutions définitives, dont la création d’un itinéraire alternatif pour éviter ce tronçon, dont le taux de danger dépasse 6 %, en particulier pour les véhicules lourds.

Développement du réseau et accès aux ports

L’Algérienne des autoroutes a lancé un programme ambitieux pour renforcer et développer le réseau. Il comprend la réalisation de sept grands accès aux ports de Skikda, Jijel, Béjaïa, Ténès, Mostaganem, Oran et Ghazaouet, facilitant le transport et reliant les ports au réseau autoroutier national. Le programme prévoit également des accès dans plusieurs grandes villes, dont Tizi Ouzou, Batna, Guelma et Mascara. Certains tronçons sont déjà livrés, comme les 84 kilomètres de l’accès portuaire de Béjaïa.

Les sept accès portuaires totalisent 345 kilomètres, et les accès aux quatre grandes villes 190 kilomètres. Parmi les projets en cours, l’accès Béjaïa–autoroute Est–Ouest (100 km) compte 84 km déjà livrés, Jijel–El Eulma (110 km) a livré 27 km et de nouveaux tronçons de 30 km sont prévus en 2026. La quatrième rocade d’Alger verra la réalisation de 13 km supplémentaires, tandis que les accès Tizi Ouzou, Béjaïa (Ahnif), Batna et Mostaganem enregistreront des avancées significatives, avec notamment un tunnel à Mostaganem pour améliorer la fluidité du trafic.

Sid Ali

A propos LA NATION

Voir Aussi

Crise algéro-française : des échanges techniques, mais aucun apaisement politique

Après près de dix-huit mois de tensions sans précédent, les relations entre l’Algérie et la …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *