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Il a été nommé à  la surprise générale, Aïmene Abderrahmane, l’homme invisible

Personne n’attendait sa désignation au poste de Premier ministre. Il était un parfait inconnu, il y a quelques mois seulement. Le président Tebboune vient de lui confier la gestion du pays à un moment où les choses vont mal.

Aïmen Benabderrahmane est un homme qui cultive la discrétion de l’ermite. Gouverneur de la Banque d’Algérie du 14 novembre 2019 au 23 juin 2020, puis ministre des Finances jusqu’à récemment, le voici Premier ministre sans qu’on sache qui est-il est vraiment? Aucune biographie le concernant n’est publiée quelque part. Une page Wikipedia de quelques lignes et espace vide sur le portail du Gouvernement en guise de curriculum vitae.

On ne lui connaît pas non plus une position sur tel ou tel sujet, une appartenance politique ou une action identifiable qui porte sa signature. Ces apparitions médiatiques sont rares et ne laissent aucune impression particulière. Sobre, propre sur lui-même, s’exprimant clairement, aussi bien en arabe et qu’en français, mais sans bagout, l’homme ne laisse transparaître aucune

L’homme est donc invisible du moins sur la toile jusqu’à une heure tardive de la journée de sa prise fonction. Il a même été confondu par les réseauteurs sociaux et par un journal électronique avec Abderrahmane Rouyia, son prédécesseur.  Il a fallu attendre la fin de l’après-midi pour connaître, grâce à une dépêche de l’APS quelques éléments succincts sur son parcours.

S’agit-il d’une nouvelle galéjade du système politique, un trait d’humour ou d’un coup tactique pour désorienter plus qu’elle ne l’est l’opinion ? Il se peut aussi que ce soit un message clair en direction des partis qui ont gagné les élections, une façon de le dire vous n’êtes là que par commodité.

Le coup d’Aïmene signifie clairement que le président Tebboune garde la main haute sur la formation du gouvernement. Même si des ministres seront choisis parmi les vainqueurs des législatives, ils occuperont des strapontins. Il est à parier qu’aucun des départements de souveraineté (Intérieur, Finances, Affaires étrangères, Justice et Défense) échouera dans l’escarcelle des cercles n’ayant pas reçu l’assentiment régalien du président.

Que peut faire Aïmene Abderrahmane pour redresser le pays ? Haut commis de l’Etat, connaisseur de l’économie, il est, sur le papier, théoriquement, le fonctionnaire le mieux outillé pour relancer la machine à produire. Car, c’est là l’enjeu. L’Algérie passe depuis près d’une décennie par une crise économique étouffante et par une incapacité à sortir de sa dépendance aux hydrocarbures.

Toutefois, la situation générale du pays ne se réduit pas à cette seule dimension. Elle se nourrit également par deux ans de colère et de contestation qui n’ont reçu, pour l’instant, qu’un traitement sécuritaire. Le nouveau locataire du Palais du gouvernement doit donc impérativement camper le rôle du politique pour regagner la confiance de la population et limer les ongles des prétendants au pouvoir et à la captation de la rente.

Mohamed Badaoui

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