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Gestion des déchets : Alger face à ses ordures

Elle affiche l’ambition, largement à sa portée, de devenir une des plus belles capitales de la Méditerranée. Toutefois, l’hygiène des rues d’Alger l’empêche d’accéder à ce statut. Manque de civisme et défaillance du ramassage d’ordures sont à l’origine de cette plaie.

Alger a échappé au classement, peu glorieux, des villes les plus sales, établi l’an dernier par le magazine américain Forbes. Ce palmarès où figurent 15 cités africaines et deux asiatiques a épargné la capitale du pays d’un tel affront.

Pourtant, à vue d’œil, la ville blanche croule sous les ordures. Ses chaussées et ses trottoirs sont jonchés de divers détritus, essentiellement des emballages en plastique, en papier et en aluminium. En nombre insuffisant, les bennes à ordures des quartiers sont généralement remplies à ras-bord, ce qui pousse les habitants à déposer leurs sacs poubelles sur le sol et créent ainsi un dépotoir. Une pratique qui contraint les éboueurs à laisser une partie des immondices par terre.

La plupart des artères ne disposent pas de corbeilles pour les petites quantités et des cendriers comme c’est le cas dans les villes les plus avancées. Aussi, les Algérois comme le reste de leurs compatriotes jettent machinalement ce qu’ils ont dans la main (mouchoirs en papier, sacs de chips ou de biscuit, bouteilles en plastique, paquet de cigarettes, mégots…). Cette habitude devient une seconde nature, particulièrement chez les enfants qui se débarrassent des contenants de ce qu’ils consomment dans la rue.

Cette situation se traduit par une quantité impressionnante de déchets non dégradables qui tapissent le sol ou se baladent au gré des vents. Ce manque de civisme s’ajoute à la désorganisation des services d’hygiène des collectivités locales et de la faiblesse de leurs moyens.

Aucune stratégie ne semble avoir été mise au point pour mettre fin au fléau. A défaut d’une ingénierie efficace, Extranet se bat, au jour le jour, pour garder la métropole plus ou moins propre. L’Entreprise publique de collecte des déchets ménagers et assimilés de la wilaya d’Alger a ainsi levé plus de 672.000 tonnes de déchets ménagers, soit une moyenne de plus de 1841 tonnes par jour, près d’une livre par personne si on considère qu’Alger compte quatre millions d’âmes et de visiteurs.

L’Epic qui emploie 5813 travailleurs, dont 5305 agents d’exécution, couvre 31 communes sur une superficie de 675 Km2 (81 % de la superficie globale de la wilaya d’Alger). Elle a procédé, l’an dernier, à 136.422 opérations d’enlèvement des déchets ménagers et assimilés, soit une moyenne de 374 opérations par jour. Ses balayeurs ont épousseté une superficie globale de 1 791,64 Km2, dont 85,05 Km2 par balayage mécanique, et lavé une surface de 161,49 Km2 de routes en 2022.

Extranet a eu fort affaire au cours du dernier trimestre de 2022, au regard des importantes manifestations internationales et régionales tenues à Alger, comme le Sommet arabe, l’anniversaire de la Révolution du 1er novembre et la Championnat d’Afrique de football.

Chaque année des centaines de milliers de kilomètres de trottoir de la wilaya sont repeints en rouge et blanc. Plusieurs localités se sont également dotées de jets d’eau alors que cette ressource manque cruellement au pays à cause de la sécheresse. Si ces ressources financières étaient employées pour mieux équiper Extranet d’outils modernes, de multiplier les réceptacles d’ordures, de lancer des opérations de recyclage et des campagnes de sensibilisation, le visage d’Alger retrouver son visage radieux, immaculé, d’antan.

Mourad Fergad 

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