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Ezzebaline 

En vrac par Madjid Khelassi

Dans la majorité des activités professionnelles , la vie s’est arrêté pour cause du Coronavirus , mais une frange de la population active souvent ignorée, continue d’assurer son job, et ce…qu’il vente , qu’il pleuve, ou qu’il neige.

Les ripeurs, ou plus communément les éboueurs, sont eux aussi en première ligne dans cette période délicate que traverse le pays.

Travailleurs de l’ombre, activant quand la majorité des citoyens est encore au lit, ils sont chaque matin sur la brèche de nos rues , quartiers ou cités .

Et encore plus cette fois-ci , car convaincus, que leur job contribue aux efforts de prévention et de lutte contre le Coronavirus .

Ezzebaline …dit-on de cette frange qui affronte tous les matins les déchets  de nos ripailles…dont le sachet béant ou mal fermé indique que les vrais Zebbaline ,c’est nous.

Il est huit heures sur le boulevard qui longe le cinéma « Le Majestic », à Bab El oued. Une composition florale…de puanteur, s’élève des bacs et des poubelles qui débordent : déchets en vrac , bouteilles en plastique d’eau , de détergent et  pain ornent cette fresque de nos comportements sauvages.

C’est la grande bouffe qui dégueule son civisme dans la tranquillité du petit matin.

 Consommons , jetons nos détritus à même le sol…L’éboueur est la pour essuyer les plâtres de nos manières civilisées. Il se demande tous les matins, s’il se trouve sur le plateau des mille vaches, ou s’il retourne tout simplement chez des citadins à l’urbanité dévoyée.

Alger la blanche dit-on ! Et ses démons intérieurs…pourrait-on rajouter.

Tous  les matins , c’est Alger la…Vile, qu’ornent les poubelles débordantes de notre bamboche éhontée.

Camions à bennes- tasseuses dernier cri, gaillards ne rechignant pas à la besogne, et en face, un tableau d’ordure que n’aurait pas peint Géricault, dont la rue qui porte son nom longe «le Majestic».

Plaies béantes qui suppurent sur nos comportements , nos déchets qui s’adonnent à leur danse matinale  dans toutes les rues d’Algérie, sont la preuve par neuf que ce n’est pas toujours la faute à l’état .

Confinons, éructons, et salissons…le catalogue nauséabond- de nos restes déversés tous les matins dans les poubelles- qui se fiche du corona, de l’éboueur et du reste, prouve que nous sommes encore loin de l’exemplaire citoyenneté. Et Ezzebaline , ne sont vraiment pas ceux que vous croyez.

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