Accueil / En vrac / “En vrac” par Madjid Khelassi : L’argent liquide, ce monstre irréel

“En vrac” par Madjid Khelassi : L’argent liquide, ce monstre irréel

Trop d’argent liquide circule dans notre pays…a dit la Banque d’Algérie, dans sa dernière situation mensuelle, publiée au Journal Officiel.

À la fin septembre 2021, lit-on dans les données  communiquées par la Banque d’Algérie , la valeur des pièces de monnaie et des billets en circulation était de l’ordre de 6821 milliards de dinars.  

En revenant un peu plus en arrière, on remarque que la monnaie fiduciaire en circulation est passée de 4269 milliards de dinars en janvier 2017, à 4842 milliards en janvier 2018, et à 5047 milliards en  janvier 2019.

A fin janvier 2020, les quantités de monnaie fiduciaire totalisent 5582 milliards de dinars avant d’atteindre 6180 milliards de dinars à fin novembre de la même année. 

Ce torrent d’argent liquide,  estime un enseignant chercheur , déborde   depuis la mise en œuvre du financement dit « non conventionnel » ( planche à billet) mais reste sans contrepartie productive.

Pour l’économiste et analyste financier ,  Farouk Nemouchi, « la croissance de la monnaie fiduciaire depuis des lustres , consacre le triomphe du système de la Chkara sur la monnaie électronique. Elle est le symbole qui révèle à grande échelle, la préférence pour l’argent liquide dans la société algérienne, et reflète dans une certaine mesure, l’aversion pour l’effort productif et la dépravation des mœurs politique ». Tout est dit. 

Le réseau des liquidités, est un monstre irréel, délesté de son abstraction par le cash. Il entrelace la société entière et toute sa composante humaine.

Villas, commerces , voitures, produits alimentaires…Tout s’achète en liquide depuis toujours en Algérie. 

Reste qu’il ne faut pas incriminer uniquement le citoyen , car en matière de paiement électronique, nous sommes en retard, de plusieurs guerres sur le reste du monde.

Et puis chez nous la planche à billet a fait le reste. Car pour parer au plus pressé pour des raisons politiques et sociales , on imprime à tout va.  Et c’est là , le talon d’Achille du système bancaire arroseur , qui ne prévoit  aucune limite à la surenchère spéculative. 

Aussi, l’inflation se met de la partie , les prix grimpent, la monnaie se déprécie. Et vogue la galère d’une monnaie,  qu’une sous-capitalisation chronique des banques, finit par ni produire des richesses , ni faire vivre décemment. 

Et horreur absolue ,  les banquiers feignent d’ignorer que le système des fuites en avant, est comme une bulle de savon. Il peut éclater à tout moment.  

A propos LA NATION

Voir Aussi

Par Annouar El Andaloussi : Hamas met l’économie d’Israël à genou

Ghaza mérite plus qu’une chronique dans un journal économique. Nous ne disposons pas de données …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *