
• Le ministère : le projet de loi “aura un impact positif sur les conditions socio-professionnelles”
• Les syndicats : Des avancées et des zones d’ombres
Alors que le ministère de l’Education nationale a clairement affiché son satisfecit du projet de loi portant statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’éducation nationale, approuvé dimanche par le conseil des ministres, les positions des partenaires sociaux ont varié entre partisans et opposants.
Malgré les critiques, les syndicats ont salué plusieurs points positifs de la loi, comme la création de nouveaux grades, tels que l’inspecteur de l’enseignement primaire dans les spécialités d’éducation physique et d’anglais, ainsi que le poste d’enseignant en éducation civique et physique dans le primaire, en plus de la définition des missions de l’inspecteur pédagogique dans un cadre juridique clair.
Le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF) a affirmé que les missions du statut particulier reposent sur l’organisation du parcours professionnel des enseignants et l’amélioration de leurs conditions de travail, critiquant le retard considérable dans la révision du système indemnitaire et du point indiciaire. Le syndicat considère que ces révisions sont la seule manière de renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs du secteur.
“Notre syndicat n’est pas concerné par le statut particulier du secteur de l’éducation car il se limite à définir le parcours professionnel des travailleurs de l’éducation, alors qu’il aurait été plus approprié que le ministère de l’Éducation nationale révise le système indemnitaire et améliore le pouvoir d’achat des travailleurs du secteur, ce qui ne pourra se réaliser qu’en augmentant la valeur du point indiciaire,” a déclaré Boualem Amoura, secrétaire général du Satef
De son côté, le Syndicat des conseils des lycées algériens (CLA) a estimé que la crédibilité de la loi réside dans sa contribution forte et constructive au développement de l’école publique, au service de l’intérêt des élèves et à l’amélioration de la qualité de l’enseignement.
“CLA” et “SATF” ont accusé le ministère de l’Éducation d’utiliser des termes flous comme le mot “possibilité”, qui apparaissent dans des passages relatifs à des droits importants pour les travailleurs du secteur, tels que : “la possibilité d’occuper des postes supérieurs dans l’administration centrale”, “la possibilité de bénéficier d’une réduction de 3 à 5 ans dans l’âge de la retraite”, ou encore “la possibilité de bénéficier d’un congé payé pour le développement des compétences professionnelles.”
Par ailleurs, la création du grade de “professeur distingué” a suscité un large débat. Le SATEF a estimé que les conditions d’accès à ce grade sont excessivement difficiles, nécessitant une expérience de plus de 30 ans, rendant l’atteinte du grade 17 quasiment inaccessible.
Le projet de loi portant statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’éducation nationale, approuvé dimanche par le Conseil des ministres, prévoit, selon un communiqué du ministère de l’Education nationale publié hier, entre autres, “le maintien des acquis positifs contenus dans le texte en vigueur couvrant l’ensemble des catégories, corps et grades, la définition des missions essentielles, tous grades et corps confondus, l’attribution des missions pédagogiques et éducatives aux personnels enseignants en fonction de la spécialité, le mérite et la compétitivité, l’amélioration de la classification des grades de base, tout en bénéficiant des dispositions transitoires qui permettent l’intégration dans des grades supérieurs, la création d’un nouveau grade +enseignant distingué+ dans le parcours professionnel des enseignants, la valorisation des diplômes pour la promotion et l’intégration dans le parcours professionnel”.
Selon le communiqué, le projet prévoit également de “définir les passerelles et les voies de promotion”, avec “la possibilité pour les enseignants de bénéficier d’une adaptation du volume horaire en vue de préparer une qualification scientifique dans leur domaine de spécialité”.
Le projet offre également “la possibilité pour le personnel enseignant d’occuper des postes supérieurs structurels au sein de l’administration centrale, des services décentralisés et des établissements publics sous tutelle en rapport avec leurs missions”, outre “la possibilité de bénéficier d’une réduction de l’âge de départ à la retraite de 3 à 5 ans, ainsi que d’un congé de mobilité professionnelle rémunéré pour approfondir leurs connaissances dans leur domaine de spécialisation”. Parmi les mesures figurent également “la réduction du volume horaire hebdomadaire pour les enseignants des trois cycles éducatifs et les employés de l’éducation classée dans la 10e catégorie ou plus, et la diminution, à deux ans scolaire au minimum, de la durée d’exercice dans le poste pour participer aux mouvements de transfert”.
En outre, le projet prévoit “la mise en place d’un parcours professionnel pour le personnel de la restauration scolaire, la prise en charge des employés insérés via le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle dans l’enseignement primaire à travers la promotion de leur classification tout en leur créant un parcours professionnel”.
La même source a affirmé que “l’Etat protège les employés contre les menaces et les agressions”. Ces droits et obligations “entreront en vigueur dès la promulgation du texte conformément aux modalités prévues par la loi”, ajoute la même source.
Le texte du ministère a affirmé que ce projet de loi et le régime indemnitaire, “sont le couronnement d’un effort soutenu auquel ont contribué les organisations syndicales agréées auprès du secteur, en prenant en considération les remarques et avis formulés lors des récentes rencontres de concertation avec certains syndicats “
Synthèse : Sid Ali
LA NATION Quotidien National D'information