Le Japon et l’Australie ont annoncé lundi qu’ils ne prévoyaient pas d’envoyer de navires de guerre au Moyen-Orient pour escorter les navires traversant le détroit d’Hormuz, malgré l’appel du président américain, Donald Trump, à ses alliés pour former une coalition destinée à rouvrir cette voie maritime stratégique.
Alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran continue de provoquer des tensions au Moyen-Orient et de perturber les marchés de l’énergie depuis trois semaines, Trump a insisté dimanche pour que les pays fortement dépendants du pétrole du Golfe assument leur part de responsabilité dans la protection du détroit, par lequel transite 20 % de l’énergie mondiale.
Les marchés asiatiques ont ouvert dans la prudence : le prix du baril de Brent a dépassé 104,50 dollars, en hausse de plus de 1 %, tandis que la plupart des bourses régionales ont reculé après les déclarations de Trump sur la mobilisation d’autres pays pour protéger le détroit.
Trump a affirmé que son administration avait déjà contacté sept pays, sans les nommer. Dans un message sur les réseaux sociaux, il a exprimé son espoir que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres pays participent.
La Première ministre japonaise, Sanai Takaitchi, a déclaré que son pays, fidèle à sa Constitution pacifiste, ne prévoyait pas d’envoyer de navires de guerre au Moyen-Orient. L’Australie, autre allié majeur des États-Unis dans la région Indo-Pacifique, a confirmé qu’aucune demande ne lui avait été faite et qu’elle n’enverrait pas non plus de navires.
Trump a indiqué au Financial Times qu’il s’attendait à ce que la Chine contribue à rouvrir le détroit avant sa rencontre prévue avec le président chinois Xi Jinping à Pékin à la fin du mois, et qu’il pourrait reporter sa visite si la Chine n’apporte pas son aide. « La Chine doit aider, car elle obtient 90 % de son pétrole via ce détroit », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne discuteront lundi du renforcement d’une mission navale limitée au Moyen-Orient, sans décision attendue sur son extension au détroit d’Hormuz. La Corée du Sud a indiqué qu’elle examinerait attentivement la demande de Trump.
Bien que quelques navires iraniens et un nombre limité de navires étrangers aient réussi à traverser le détroit, celui-ci reste largement fermé au trafic mondial de pétroliers depuis l’attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, qui a déclenché une campagne de frappes intensives sur des milliers de cibles dans le pays.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information