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Damas aux mains des rebelles, Moscou confirme le départ de Bachar el-Assad : fin peu reluisante de la «dynastie» alaouite en Syrie

En seulement 11 jours, au moyen d’une offensive fulgurante,  une constellation d’organisations armées s’est emparée du pouvoir en Syrie. Le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS) et des factions rebelles alliées ont avancé sur des dizaines de localités dans les provinces d’Alep, d’Idleb et de Hama, aux dépens de l’armée syrienne, fidèle à Bachar el-Assad.

Dans la nuit de samedi à dimanche, 7 et 8 décembre, les rebelles  ont mené une impressionnante offensive et ont annoncé la prise de la capitale, Damas. «Le tyran Bachar el-Assad a pris la fuite », ont-ils proclamé dans des messages sur l’application Telegram. Le président serait en fuite, selon les rebelles et une ONG, mettant fin à cinq décennies de règne du parti Baas.

« Assad a quitté la Syrie via l’aéroport international de Damas avant que les membres des forces armées et de sécurité ne quittent » le site, a indiqué à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Aucune source fiable n’était pas en mesure, hier au moment où nous mettions sous presse de confirmer où se trouve l’homme qui a dirigé la Syrie pendant vingt-quatre ans.

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, Bachar el-Assad «a décidé de démissionner de son poste présidentiel et a quitté le pays en donnant l’instruction de procéder au transfert du pouvoir de manière pacifique» après des «négociations avec un certain nombre de participants au conflit armé sur le territoire de la Syrie.»

Les rebelles ont réaffirmé la chute du « tyran » Bachar el-Assad à la télévision publique, et la «libération » de la capitale Damas. Dans leur communiqué, ils ont dit avoir libéré tous les prisonniers « injustement détenus » et appelé à sauvegarder les biens de l’État syrien « libre ».

Plusieurs dizaines de personnes ont rallié le centre de Damas pour célébrer la chute du régime, selon des images de l’AFP TV. Sur la place des Omeyyades, le bruit de tirs d’armes à feu en signe de joie se mêle aux cris d’« Allahou akbar » (« Dieu est le plus grand »). Des dizaines d’habitants ont piétiné une statue de Hafez al-Assad, le père de Bachar, après l’avoir fait chuter et l’avoir brisée.

Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, le Premier ministre syrien, Mohamed al-Jalali, s’est dit prêt à coopérer avec le tout nouveau « leadership » choisi par le peuple, précisant qu’il serait dimanche matin dans ses bureaux au siège du gouvernement pour toute procédure de « passation » de pouvoir.

« Après cinquante ans d’oppression sous le [parti au, NDLR] pouvoir du Baas, et treize années de crimes, de tyrannie et de déplacements [depuis le début du soulèvement en 2011, NDLR], nous annonçons aujourd’hui la fin de cette ère sombre et le début d’une nouvelle ère pour la Syrie », ont ajouté les rebelles. « Nos forces ont commencé à entrer dans Damas », avait déclaré peu avant le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), à la tête d’une coalition de rebelles soutenus par la Turquie.

Le chef de HTS a appelé ses combattants à ne pas s’approcher des institutions publiques, ajoutant que celles-ci restaient sous contrôle du Premier ministre jusqu’à la « passation officielle ». Selon des sources de l’OSDH, l’ordre a été donné aux officiers et aux soldats des forces gouvernementales de se retirer de l’aéroport international de Damas.

Les rebelles ont aussitôt annoncé avoir pris la prison de Sednaya à Damas, symbole des pires exactions des forces du président Assad, et libéré les détenus de cet établissement.

HTS, un groupe issu de l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda

La coalition de groupes rebelles menée par HTS, un groupe issu de l’ancienne branche syrienne d’Al-Qaïda, a effectué en une dizaine de jours une avancée particulièrement spectaculaire, capturant les grandes villes d’Alep et Hama, avant d’annoncer dans la nuit de mardi à mercredi avoir pris le contrôle de Homs, troisième ville du pays, et être entrée dans la capitale Damas.

Elle a notamment profité du retrait de plusieurs régions des forces gouvernementales face à l’offensive qu’elle a lancée à la surprise générale le 27 novembre à partir de la province d’Idleb, son fief dans le nord-ouest syrien, malgré des raids aériens menés avec l’allié du régime, la Russie, et des opérations au sol contre les secteurs insurgés.

Au sud de la capitale, près de la frontière jordanienne, les troupes gouvernementales ont également perdu le contrôle de la ville de Deraa, berceau du soulèvement de 2011, au profit de forces locales, selon l’OSDH. Sur un autre front, dans la province de Deir Ezzor (est), les forces gouvernementales se sont retirées de territoires sous leur contrôle et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes s’y sont déployées.

Le Hezbollah libanais, soutien clé du pouvoir de Bachar el-Assad, a retiré parallèlement ses forces de la périphérie de Damas et de la région de Homs (ouest de la Syrie), selon l’OSDH.

Le mouvement islamiste libanais « a demandé ces dernières heures à ses combattants de se retirer de la région de Homs, certains se dirigeant vers Lattaquié [côte ouest de la Syrie, NDLR] et d’autres vers la région du Hermel au Liban », a indiqué l’ONG à l’AFP, précisant que « les combattants du Hezbollah avaient également quitté leurs positions autour de Damas ».

Depuis le début de leur offensive le 27 novembre dans le nord-ouest de la Syrie, les rebelles ont rapidement conquis plusieurs grandes villes clés, annonçant viser Damas et vouloir renverser le président syrien. Ils ont lancé un appel «pour rentrer en Syrie libre» aux Syriens déplacés à l’étranger par le conflit déclenché en 2011 avec la répression violente de manifestations pro-démocratie, qui a fait un demi-million de morts, et a morcelé le pays en zones d’influence, avec des belligérants soutenus par différentes puissances étrangères.

Avec l’appui militaire de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah, le pouvoir dirigé par Bachar el-Assad avait repris en 2015 une grande partie du pays et en 2016 la totalité d’Alep, dont la partie avait été prise en 2012 par les rebelles. Un cessez-le-feu instauré en 2020, parrainé par Ankara et Moscou, avait ramené un calme précaire dans le nord-ouest.

La vraie question qui se pose aujourd’hui est : A qui profite la chute de Bachar el-Assad ? Le problème dépasse, et de très loin, le slogan brandis par la rue des grandes villes syriennes, à savoir : la libération du pays de la tyrannie alaouite. On sait que dans l’échiquier syrien, il y a plusieurs acteurs : La Russie, les Etats-Unis, la Turquie, l’Iran, le Hezbollah et, bien sûr Israël. Une chose et bien sûre : S’il y a une partie qui va en souffrir, ça sera, sans aucun doute, l’axe de la résistance contre l’entité sioniste au Liban et en Palestine.  Tout le reste est relatif.

Synthèse : Sid Ali

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