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Climat social : les Algériens face au chômage

Fortement éprouvés par des années de disette, particulièrement lors des trois dernières années, les Algériens se sont appauvris dans leur majorité. Beaucoup d’entre eux se ruent aujourd’hui sur l’Anem pour percevoir l’allocation chômage.

Les files d’attente compactes commencent à se former devant l’Agence nationale de l’emploi (Anem). L’entrée en vigueur, ce mois de mars, de l’allocation chômage pour les primo-demandeurs attire de nombreux candidats ces jours-ci.

C’est un petit baume sur les plaies ouvertes par la dégradation du niveau de vie des Algériens depuis des années maintenant. La chute des recettes du pays à partir de 2014, puis les événements du 22 février 2019 ont profondément perturbé le monde des affaires. Ainsi, l’industrie automobile embryonnaire, ou plutôt le montage de kits importés de voitures qu’on présentait, selon les autorités, comme une industrie naissante a cessé ses activités après l’emprisonnement de ses patrons sous diverses accusations. On parle de la perte de 50 mille emplois en quelques mois dans ce domaine sans que cette masse de salariés, subitement licenciée, soit absorbée par d’autres secteurs.

L’économie a, ensuite, été sévèrement touchée par les conséquences de la pandémie qui a contraint plusieurs entreprises à réduire leurs effectifs et fermer les portes du recrutement. D’autres ont carrément cessé d’exister faute de commandes et de main-d’œuvre.     

Une enquête du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) vient de révéler que, en moyenne, les entreprises algériennes ont perdu 50% de leur chiffre d’affaires en 2020, à cause du Covid-19. Il s’agit, en majorité de PME, selon la même étude qui indique que les services, notamment le transport (90%) et la manufacture ont été les plus lésés. 93% des entreprises interrogées ont noté des difficultés à commercialiser leurs produits et 63% ont dû opter pour un arrêt total de l’activité à cause du confinement ou l’absence de clients. De plus, 11% des entreprises interrogées affirment avoir été impactées par le confinement du personnel et le manque de transport tandis que 8% ont mis en avant des problèmes de financement en parallèle au gonflement de leurs dettes.

Dans la branche du tourisme, 30 000 travailleurs ont perdu leur emploi a affirmé le président de la Fédération nationale des agences de voyages et du tourisme, Mouloud Youbi. Lors de son passage à « Echorouk News », le responsable a estimé que la pandémie a anéanti les agences de tourisme algériennes, ce qui a poussé 4 000 d’entre elles à mettre définitivement la clé sous le paillasson à partir de mars 2020 et mettre leurs employés au chômage.

Selon le chercheur du Cread Mohamed Kadi, plus de la moitié du personnel a été empêchée par les mesures préventives imposées par la crise sanitaire de rejoindre son lieu de travail en 2020. Un impact ressenti de plein fouet dans les secteurs des services et du BTP.

Pour les six mois à venir, 21% des opérateurs économiques envisagent une reprise de l’activité, 12% la réduction de leur effectif, 10% présagent une tension sur la trésorerie, 11% envisagent la fermeture de leur entreprise et 10% prévoient le report de leurs investissements.

Cette situation morose, pour ne pas dire inquiétante, est probablement à l’origine des mesures prises par l’exécutif en vue d’amortir le choc d’un appauvrissement rapide de la population surtout si la suppression des subventions aux produits de première nécessité est maintenue.

En novembre dernier, avait annoncé que le gouvernement réfléchissait à un mécanisme qui permette le transfert direct des aides en numéraire aux catégories les plus fragilisées. “Les subventions, dont la valeur s’élève à 17 milliards de dollars, ne profiteront plus aux indus bénéficiaires et autres intermédiaires qui ont saigné l’économie nationale en bénéficiant de ces transferts”, a expliqué Benabderrahmane. Cependant, il n’y a qu’un retour rapide à une forte croissance qui puisse tirer le pays de la situation compliquée qui est la sienne depuis près d’une décennie.

Mohamed Badaoui

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