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Campagne moisson-battage 2023-2024 en Algérie : la production céréalière en forte baisse

Les chiffres préliminaires de la campagne moisson-battage de la saison 2023-2024 en Algérie indiquent une production céréalière en forte baisse. Pour combler, le déficit, le gouvernement sera amené à importer des quantités plus importantes que l’année dernière.

Dans la wilaya de Constantine, le directeur technique adjoint de la Mutuelle des céréales et légumes sèches, Mohamed Sakhane a révélé que la production céréalière de la wilaya a diminué, lors de la campagne 2023-2024, de 60 pour cent. Soit 376 000 quintaux de moins que la saison dernière  dont 292 000 quintaux de blé dur et 78 000 quintaux de blé tendre, 5 0000 quintaux d’orge et 75 quintaux d’avoine, après avoir été de 1 million de quintaux la saison dernière.

Mohamed Sakhane a attribué cette baisse au manque de pluie que, malgré les 90 900 hectares alloués à la culture des céréales.

Le même scénario a été annoncé par la Direction des services agricoles de la wilaya de Guelma, qui a indiqué que la campagne a permis de récolter seulement 230 000 quintaux de céréales, tous genres confondus.

Il y a deux jours, le directeur des services agricoles de la wilaya, Rachid Rahmania, a expliqué que cette production constitue 10 pour cent des objectifs fixés au début de la campagne. Notant que la campagne de récolte n’a porté que sur 25 pour cent des superficies cultivées. Le reste a été endommagé par le stress hydrique.

Le responsable a ajouté que le déficit de précipitations, au cours de la période de janvier à mars 2023, et les orages survenus entre mai et juin de la même année ont détruit 75 pour cent de la superficie cultivée, sur un total de 90 400 hectares.

Ces chiffres, dans deux wilayas connues pour leur production céréalière, indiquent que la saison céréalière de cette année pourrait être bien pire que les prévisions, déjà pessimistes des agriculteurs. Car ils s’attendaient à une saison peu abondante et un manque estimé à environ 25 pour cent par rapport à l’année dernière.

Selon les récentes déclarations du président de l’Union nationale des paysans algériens, Dilmi Abdellatif, “la récolte de cette année devrait être, à la fin de la campagne, fin août, sous le seuil des 4,5 millions de tonnes”, faisant référence à “une diminution des superficies exploitées d’environ 20 pour cent par rapport aux années précédentes”. Cela est dû à la sécheresse qui a frappé l’Algérie l’hiver dernier et s’est prolongée jusqu’au printemps.

Le ministère américain de l’Agriculture avait prévu, en juillet dernier, que la production algérienne de blé diminuerait au cours de la campagne agricole 2023-2024, d’environ 600 mille tonnes, par rapport à la campagne précédente, estimant que la production atteindrait 2,7 millions de tonnes, contre 3,3 millions de tonnes enregistrées en saison

Le ministère américain s’attendait également, selon le site “UkrAgroconsult”, à ce que le rendement d’un hectare de blé baisse à 1,3 tonne, contre 1,5 tonne l’an dernier, en raison de la sécheresse qui prévaut dans le pays et sur les hauts plateaux, en particulier.

Quelques semaines avant le début de la campagne des récoltes, le ministre de l’Agriculture Abdel Hafidh Henni avait confirmé que l’Algérie connaît une “saison agricole «exceptionnelle», en raison du changement climatique”, ajoutant que “l’Etat se concentrera sur l’agriculture stratégique dans les zones désertiques”.

Face à cette baisse, le département américain estime que les importations de blé de l’Algérie atteindraient 8,7 millions de tonnes au cours de la campagne en cours 2023/24, soit une augmentation d’environ 1,2 million de tonnes par rapport à l’année précédente.

Le ministère estime une production de 3,3 millions de tonnes de blé au cours de la campagne 2022/2023, et de 1,4 million de tonnes d’orge. Alors que l’Algérie consomme environ 11 millions de tonnes de blé par an, ce qui en fait le deuxième consommateur de blé d’Afrique du Nord après l’Égypte.

Dans ce contexte, Reuters a révélé que l’Algérie est sur le point d’acheter au moins 590 000 tonnes de blé sur le marché international, selon un appel d’offres international lancé il y a moins d’un mois. Il devrait être reçu en deux lots au cours du mois d’octobre prochain.

Reuters a indiqué que le prix d’achat adopté par l’Algérie s’élève à environ 276 dollars la tonne, y compris les frais d’achat et d’expédition, ajoutant que certaines estimations indiquent que la quantité totale qui devrait être achetée par l’Office national professionnel des céréales pourrait atteindre 800 000 tonnes, expliquant que la majeure partie de La quantité achetée provenait de la région de la mer Noire, principalement de Russie, de Bulgarie et de Roumanie.

Mahdi Berrached

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