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Bruxelles désavoue le premier ministre espagnol : volée de bois vert pour Pedro Sánchez à cause de l’Algérie

Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol, coupable d’avoir envenimé les relations de son pays avec l’Algérie vient d’être déjugé par Bruxelles. L’Union européenne vient d’ordonner aux États membres de, rapidement, “relancer le dialogue énergétique avec l’Algérie”.

L’Algérie devient le nouvel Eldorado énergétique au sud de l’Europe et son gaz une ressource précieuse dans le sillage de la guerre russo-ukrainienne. La probabilité de l’arrêt des approvisionnements russes cet hiver fait planer une inquiétude dévorante sur l’UE.

L’Union européenne se trouve dans une situation peu enviable. En suivant, contre ses propres intérêts, les sanctions américaines contre la Russie, les pays de l’ensemble géopolitique subissent, six mois après le déclenchement de la guerre en Ukraine, un dangereux retour de flamme. Se sentant en position de force et peu touché par la punition que lui a infligée le bloc occidental, Moscou repasse à l’offensive en menaçant de fermer carrément le robinet de son gaz à ses adversaires. Les marchés asiatiques, en premier lieu la Chine et l’Inde, sont avides de carburant. Ils peuvent donc suppléer, avec bonheur, toute quantité mise en vente.

C’est donc tout à fait naturel que l’UE se cherche désespérément une sortie de la crise hivernale qui s’annonce. L’Algérie lui apparaît donc comme une nouvelle terre promise susceptible de lui éviter une catastrophe sociale et industrielle dans les mois à venir.

Bruxelles a, en effet, ordonné aux États membres de “relancer le dialogue énergétique avec l’Algérie” par anticipation du risque coupure totale de l’approvisionnement russe. Le quotidien espagnol Libermercado qui a repris l’information en a profité pour adresser une critique sévère au gouvernement de son pays. Il a noté que l’Italie a pris les devants pour assurer ses arrières et, peut-être, se positionner comme un hub gazier européen alors que Pedro Sánchez a provoqué la rupture du traité d’amitié qui le liait à l’Algérie. Une décision qui a eu de fâcheuses répercussions sur le royaume.

La nouvelle situation énergétique mondiale suscite une grande peur dans l’UE. C’est pourquoi l’espace a tracé, dans l’urgence, le plan REPowerEU pour se libérer de la forte dépendance au gaz russe. Le document affirme que les pays de l’Union souhaitent “établir des partenariats à long terme, mutuellement bénéfiques, en stimulant les énergies renouvelables et en augmentant l’efficacité énergétique dans le monde entier, et en coopérant dans le domaine des technologies vertes et de l’innovation”. En outre, détaille-t-il, “la nouvelle plateforme énergétique de l’UE jouera un rôle clé dans la mise en commun de la demande, la coordination de l’utilisation des infrastructures, la négociation avec les partenaires internationaux et la préparation des achats communs de gaz et d’hydrogène”.

Pris de panique, les Européens unis désirent “augmenter les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis et du Canada et par gazoduc et GNL en provenance de Norvège”. Ils veulent, dans une seconde phase, “intensifier la coopération avec l’Azerbaïdjan, notamment dans le cadre du corridor gazier méridional”. La troisième étape consiste à conclure des “accords politiques avec des fournisseurs de gaz tels que l’Égypte et Israël afin d’accroître les approvisionnements en GNL”.

Enfin, ils veulent rapidement “relancer le dialogue énergétique avec l’Algérie”, ce qui sonne comme “une véritable réprimande pour Pedro Sánchez”, selon Libermercado. Le journal a rappelé que le dialogue algéro-espagnol était parfait jusqu’à ce que le premier ministre en question s’emmêle. Il a, dans un premier temps, envoyé sa ministre Teresa Ribera négocier les futurs prix du gaz avec l’Algérie tout en expliquant que l’Espagne s’oppose au développement du gaz parce qu’elle veut donner la priorité aux énergies éolienne et solaire conformément à l’agenda 2030, révèle Libermercado. Il a ensuite épousé la position marocaine sur le Sahara occidental “convoité par le Maroc”, provoquant l’une des plus grandes crises diplomatiques avec son plus grand fournisseur de gaz, ajoute le média.  

Mohamed Badaoui

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