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Après une longue sécheresse : des pluies salutaires arrosent le pays

Si dans les pays pluvieux le soleil et le ciel bleu sont synonymes de beau temps, en Algérie les précipitations sont un motif de réjouissance. Aussi, les intempéries qui ont commencé hier ont réjoui les paysans et les citadins.

Après un long épisode de sécheresse, le ciel a déversé hier, sur tout le nord du pays, des trombes d’eau qui vont vivifier les hommes, les bêtes et les végétaux. De fortes précipitations ont ainsi arrosé les wilayas de Tipaza, Alger, Blida, Boumerdès, Tizi Ouzou, Béjaïa, Jijel, Skikda, Annaba, El Tarf, Chlef, Ain Defla, Médéa, Bouira, Bordj Bou Arreridj, Sétif, Mila, Constantine, Guelma et Souk Ahras.

Cette pluie salvatrice, qui devrait continuer à tomber les prochains jours, était attendue depuis des semaines par les agriculteurs et éleveurs. Ceux-ci souffraient depuis des semaines de l’avarice pluviométrique que le territoire subit depuis de longs mois. A tel point qu’on a craint pour la saison agricole, d’autant plus que le territoire est affecté par un stress hydrique persistant qui a conduit les autorités à rationner l’eau potable.

Avec une consommation annuelle de 500 m3 en moyenne par habitant, l’Algérie est classée dans la catégorie des pays pauvres en ressources en eau, en référence au seuil de rareté de la Banque mondiale estimé à 1.000 m3 par habitant et par an. Ses ressources renouvelables sont de l’ordre de 11,4 milliards m3 en eaux superficielles et de 3 milliards m3 en eaux souterraines.   

L’eau à boire ou à irriguer les champs provient de trois sources : barrages, nappes phréatiques et stations dessalement de l’eau de mer.

Actuellement, en dépit d’un investissement de 20 milliards de dollars ces deux dernières décennies, le nombre de barrages en Algérie s’élève aujourd’hui à 85 seulement et devrait atteindre les 130 vers 2030. Un parc insuffisant pour étancher la soif de la terre et multiplier ses fruits et légumes. D’ailleurs, le taux de remplissage de la plupart de ces équipements a considérablement baissé à cause de plusieurs années de sécheresse, surtout dans l’ouest du pays. La situation est liée au recul de 30% du volume des précipitations au cours des 20 dernières années.

La désalinisation de l’eau de mer est assurée, quant à elle, par une vingtaine de stations. Réparties sur 14 wilayas côtières, elles couvrent 17% des besoins du pays en produisant 2,6 millions de m3 d’eau par jour ; un volume qui atteindra les 6 millions de m3 à la fin de la décennie, selon des données officielles.

Pour leur part, les nappes souterraines sont exploitées à hauteur de 60% et les autorisations de forage ont considérablement augmenté ces dernières années même si cette activité est fortement réglementée.

Les pouvoirs publics s’orientent, d’autre part, vers l’encouragement du recyclage des eaux. L’Algérie dispose de 171 stations d’épuration d’une capacité 900 m3/an alors que, selon les estimations des spécialistes, 80% des deux milliards de litres d’eau potable consommés sont rejetés. Cette ressource peut être un précieux appoint pour l’agriculture et l’industrie ainsi que les loisirs au lieu de contribuer à aggraver la pollution de l’environnement. Pour l’instant, elle finit le plus souvent dans les cours d’eau, les plans d’eau et en mer. Le volume des eaux usées générées par la population algérienne serait de plus d’un milliard de mètres cubes.

Un établissement public à caractère scientifique et technologique, le Centre de recherche en environnement (CRE), a été créé en à Annaba en 2018 pour mener des études sur la question. Sa mission est de chercher des solutions pour la préservation et à la valorisation des ressources naturelles, à la prévention des risques liés aux pollutions et aux technologies de dépollution, au développement de l’économie verte et à la gestion et à la valorisation des déchets. Grâce à quatre divisions de recherche dotées chacune de laboratoires et d’équipes de recherche, le CRE élabore des analyses et expertises, organise des formations à la carte et des manifestations scientifiques.

Mohamed Badaoui

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