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Adhésion de l’Algérie aux Brics : le suspense à son comble

L’Algérie tout entière attend avec impatience la suite qui sera donnée à sa demande d’adhésion aux Brics dont le sommet s’ouvre aujourd’hui en Afrique du Sud.  

La 15ème session du Sommet des Brics s’ouvre aujourd’hui à Johannesburg pour examiner la situation du monde sous différents aspects, en premier lieu, économique. Les travaux vont également aboutir à un nouvel appel pour un ordre international en adéquation avec les aspirations de la majorité des habitants de la planète. Il a d’autre part inscrit à son ordre du jour l’étude des candidatures d’une vingtaine d’Etat qui, à l’instar, de l’Algérie ont formulé le souhait d’en devenir membres.

Cette issue passionne l’opinion depuis des mois maintenant, depuis que le président de la République a annoncé la volonté du pays à intégrer cette association intergouvernementale formée par les puissances émergentes : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

La communauté qui a, toujours, un caractère informel contrôle néanmoins plus de 31% de l’économie mondiale et représente près de la moitié de la population de la Terre. Elle fait ainsi contrepoids au G7 (30% de l’économie mondiale), le cartel qui défend les intérêts des nations occidentales les plus riches et les plus développées, et entend largement le distancer dans un proche avenir.

Les chances de l’Algérie à pénétrer ce cénacle sont à priori minces au regard de la structure et des performances de son économie. Elle possède néanmoins de nombreux atouts qui peuvent lui ouvrir les portes du club.

Clé de voûte  

Sa position géostratégique peut en faire une clé de voûte en matière d’échange entre l’Afrique, de l’Europe et le Moyen-Orient. Elle possède également des sources d’énergie appréciables et fait montre d’une ambition grandissante pour s’imposer par ses richesses hors hydrocarbures mais aussi par ses valeurs et l’indépendance de sa décision. Faiblement endettée et relativement aisée, elle peut compter, en outre, sur sa population jeune et instruite dans sa majorité.

Il est vrai qu’il lui reste un long chemin à faire pour diversifier et dynamiser sa production, mais les ressources naturelles de son sous-sol et l’accumulation d’une expérience industrielle non négligeable peuvent soutenir son dossier.

L’Algérie ne demeure pas, cependant, passive se contentant d’exhiber son potentiel. Elle s’est déclarée prête à entrer dans le capital de la banque des Brics. Elle a également profondément remanié sa loi sur l’investissement et a accéléré la réalisation de ses infrastructures qui la connectent à son voisinage, telles que la route transsaharienne, la dorsale de la fibre optique ainsi qu’un réseau électrique important capable d’exporter vers l’Afrique et l’Europe.  

Deux poids lourds des Brics, la Chine et la Russie, en plus de l’Afrique du Sud se sont déjà favorablement pour son adhésion au cercle. Reste à convaincre l’Inde et le Brésil avec lesquels elle entretient de bonnes relations politiques mais peu d’échanges commerciaux.

Quoi qu’il en soit, même si son admission ne se réalise pas à l’issue de ce sommet, elle est presque assurée de décrocher un siège d’observateur, comme l’avait dit en avril dernier le président Tebboune.

Réformer en profondeur l’ordre mondial

Sur un plan politique, l’Algérie est totalement en phase avec les positions des Brics sur la nécessité de réformer en profondeur l’ordre mondial actuel. Le ministre des Finances, Laaziz Faid, s’est d’ailleurs envolé dimanche pour Johannesburg pour participer, en qualité de représentant du président de la République, au forum “BRICS Outreach Plus”.

L’évènement a été placé sous le thème : “Partenariats pour une croissance accélérée, développement durable et multilatéralisme inclusif”. Il réunira en plus des dirigeants des Brics, des chefs d’Etat et de gouvernement de 67 pays (d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et des Caraïbes), ainsi que des responsables d’organisations internationales et régionales.

“La participation de l’Algérie à ce forum traduit tout l’intérêt accordé par les autorités du pays à contribuer à la réflexion autour des questions liées à la reprise face aux crises multidimensionnelles, au renforcement d’un multilatéralisme juste et à la réforme de la gouvernance mondiale”, a souligné un communiqué du ministère des Finances publié hier.

Les participants se pencheront sur des thématiques d’actualité, notamment la coopération des pays en développement pour assurer une reprise économique mondiale inclusive et un développement durable. “Ces thématiques qui seront débattues en présence d’éminentes personnalités et de chefs d’Etat, témoignent de l’importance d’une action solidaire pour un système économique mondial plus réactif et plus juste, permettant de lutter contre les inégalités, d’accélérer la transition climatique et de renforcer les chances d’atteindre les objectifs du développement durable”, a indiqué le ministère.

A noter, enfin, qu’outre l’Algérie, une vingtaine de pays ont déposé une demande d’adhésion aux Brics. Il s’agit de l’Arabie Saoudite, l’Argentine, Bahreïn, le Bangladesh, le Bélarus, la Bolivie, Cuba, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie, Honduras, l’Indonésie, l’Iran, le Kazakhstan, le Koweït, le Nigéria, la Palestine, le Sénégal, la Thaïlande, le Venezuela et le Vietnam.

Ali Younsi-Massi

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