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Abdelaziz Rahabi (ancien diplomate) : Bamako joue «l’auxiliaires dans le nouveau projet du Sahel»

Dans une contribution publiée dans le site électronique d’information, l’ancien diplomate et activiste politique Abdelaziz Rahabi  s’est exprimé sur la situation au Sahel et ses répercussions sur la sécurité de l’Algérie. Il se trouve que l’Algérie est aussi un pays sahélien  dans ses régions frontalières avec ces pays.

Pour l’ancien diplomate, les tensions dans cette région n’est absolument pas de nature locale, propre à ces pays. Elles impliquent «dans la réalité un nombre croissant d’acteurs internationaux. La situation au Mali en est un exemple édifiant. »

Dans cette vaste région du Sahel, le Mali est le pays qui a le plus de relations avec l’Algérie. « À ce titre, toutes les crises politiques internes au Mali depuis 1963 à nos jours ont produit des effets collatéraux de gravité inégale en Algérie», a écrit Rahabi.

Il a cité la chute programmée de Mouammar Kadhafi « par une coalition d’États arabes et occidentaux et le chaos qui a suivi cette opération», la qualifiant de la plus grave. Vient ensuite, « la montée en puissance militaire des groupes terroristes devenue le motif invoqué pour justifier l’intervention militaire française au Mali qui est à la source de l’instabilité et de l’internationalisation de la crise malienne. »

L’exemple qui touche directement l’Algérie avec les retentissements que l’on sait, c’est l’attaque du complexe gazier de Tiguentourine.

C’est dans ce tumulte qu’arrive l’accord d’Alger signé en 2015.

« Il s’agit donc d’une demande de l’État malien que le gouvernement algérien avait favorablement accueillie considérant que la menace était réelle, urgente et globale dans notre propre profondeur stratégique et que « l’avenir du Mali est dans son unité nationale, son intégrité territoriale, dans la réconciliation nationale et la démocratie, selon la formule de Ramtane Lamamra.»

«L’Accord de Paix et de Réconciliation au Mali de 2015 dont la laborieuse négociation a duré 9 mois a non seulement mis fin aux opérations militaires mais il a également proposé un cadre global d’équilibre des pouvoirs et un schéma d’organisation territoriale en mesure de garantir et de consolider l’unité du Mali,»a ajouté Rahabi.

Cet accord a reçu le soutien de tout le monde, à l’intérieur du Mali comme à l’extérieur.

L’auteur remarque que « Le peu d’engagement des nouvelles autorités maliennes au sein du Comité de suivi était révélateur et laissait présager du récent désengagement et des derniers développements.»

Les nouveaux maîtres de Bamaco ont fait la sourde oreille sur toutes les propositions concernant l’adaptation de l’accord aux nouvelles donnes. « L’ Algérie, écrit Rahabi, était d’ailleurs favorable et prête à les accompagner. »

C’est pourquoi, ajoute-il qu’il est « tout à fait injuste et non conforme à la réalité de dire que l’Algérie a une quelconque part de responsabilité dans les problèmes entre le Nord et Bamako et contrairement à l’idée répandue par le gouvernement malien , notre pays n’a aucun intérêt dans le démembrement du Mali qui constitue sa profondeur stratégique naturelle et un acteur dans la lutte contre le terrorisme. »

« La menace réelle réside dans la démultiplication des intervenants entre États, milices, mouvements, intérêts économiques, et médias et peut comme en Libye exacerber la crise, différer les solutions et transformer le Sahel en zone de confrontation entre les grandes puissances, les États-Unis et la Russie. »

Abdelaziz Rahabi arrive à la conclusion que les militaires au pouvoir à Bamako participent à une politique d’usure contre l’Algérie. Une politique pilotée par Les Émirats Arabes Unis, le Maroc ou Israël. Ces entités «agissent depuis longtemps dans cette zone et ont mis l’Algérie dans une situation de tension permanente et de guerre d’usure latente et très coûteuse pour son économie. » « L’Occident et ses alliés dans le monde arabe considèrent notre pays comme un membre influent du groupe des pays hostiles à leurs intérêts en Afrique, au Moyen Orient en Amérique latine et avec l’Iran. »

« Le pouvoir malien actuel semble avoir été inscrit dans cette stratégie indirecte car son nouveau langage inamical et belliqueux dépasse largement ses moyens propres et le confine au statut d’auxiliaire dans le nouveau projet du Sahel. »

La cause principale réside dans les positions de l’Algérie vis-à-vis de ce qui se passe dans le monde arabe et dans le monde. Il s’agit d’un nouvel ordre en préparation auquel notre pays devrait se préparer pour y faire face.

Synthèse : Sid Ali

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