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A deux semaines du 2e anniversaire du Hirak : l’Algérie à la croisée des chemins

Cela fait deux années que l’Algérie vit dans l’exception. Des moments historiques qui ont débuté le vendredi 22 février 2019 et se sont poursuivis par des procès de grande ampleur où, dans le même temps, des dignitaires du régime, des profiteurs du système et des militants de la liberté, de la démocratie, ont pêle-mêle été jugés.

La pandémie du Covid-19 et toutes ses conséquences sur la société, les individus et sur les affaires en général du pays ont accentué l’irréalité de la situation. A tel point que, acteurs et observateurs, n’ont aucune idée sur l’aboutissement de cette dynamique.

Dans moins de deux semaines, le mouvement populaire qui a fait vaciller, sans provoquer de désordre, l’édifice malin instauré en 20 ans par Abdelaziz Bouteflika fêtera son deuxième anniversaire. Le Hirak a eu l’effet d’un électrochoc sur le pays et, d’une certaine manière sur le monde entier. Plus que les soubresauts appelés par convention « le printemps arabe » qui ont fini dans le sang et la destruction, cette « Révolution du sourire » a crée une nouvelle énergie difficilement manipulable.

Intelligente, profonde et inscrite dans la durée, elle est en train de sculpter patiemment les consciences et montrer aux Algériens ainsi qu’à ceux qui s’inspirent de leur lutte pacifique une nouvelle manière de défendre les droits.

Dans sa dernière édition, la revue El Djeïch a reconnu l’importance de cette movida, mais l’institution militaire semble, en même temps, troublée par sa vitesse et son ampleur. Son éditorialiste a pointé du doigt des éléments inféodés, selon lui, à des intérêts étrangers qui en voudraient à l’Algérie et la jalouseraient. Il a rappelé que le pays, au regard au climat géopolitique délétère dans lequel baigne l’Afrique du Nord et le Sahel, est menacé dans sa sécurité. Un truisme que le plus jeune ou le moins informé des citoyens sait et approuve.

Cela dit, la vie pénible dont se plaignent les habitants du Sud, du nord, de l’est, de l’ouest et même de l’étranger n’est pas une fiction ou l’œuvre d’un diable venu d’ailleurs. Elle est la résultante d’une politique théorisée, construite, promue et mise sur pied par des architectes tout à fait nationaux. Aucun mensonge, aucune propagande et encore moins le déni de la réalité ne peuvent convaincre les citoyens qu’ils vivent bien et qu’il faudra en remercier Dieu et leurs gouvernants.

Cette gestion excessivement centralisée a produit une administration lourdement bureaucratisée, incompétente, népotique et percluse d’agents corrompus devient, de facto, la première menace contre les intérêts du pays. Son credo : promouvoir la médiocrité, détruire les volontés les mieux harnachée et diffuser, ainsi, des valeurs négatives dans la société. C’est là qu’il faut chercher le mal.

Un mal qui s’est étendu même aux partis politiques et à un phalanstère d’opportunistes nourris à la rente qui se sont, pompeusement, autoproclamés  « société civile », mais dont la seule religion est la curée.

En tant que communauté, souvent soudée par les traumatismes, les Algériens sont à un tournant de l’histoire. Ils ont le choix entre construire une nation viable et épanouie ou se disperser comme de la cendre soufflée par le vent.

Pour bien faire, cette terre ne manque pas de ressources. La plus importante, la plus abondante est l’amour démesuré, inexplicable, que lui voue son peuple. Comme un enfant espiègle épris de sa mère, c’est dans ces bras qu’il se sent le mieux, même s’il chahute, même s’il grogne ou parfois désobéi. C’est cela la garantie de la pérennité la paix en Algérie.

Mohamed Badaoui

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