Accueil / Economie / Assemblées annuelles du FMI / banque mondiale 2026 : quoi de neuf à l’horizon

Assemblées annuelles du FMI / banque mondiale 2026 : quoi de neuf à l’horizon

Par Mohamed Cherif Belmihoub*

Les assemblées annuelles se sont tenues du 12 au 18 octobre 2026 à Bangkok, en Thaïlande. Ces assemblées sont un évènement majeur de l’actualité économique et financière internationale.

Le contexte et les Constats : Ralentissement de la croissance, Dette publique et IA (croissance et emploi). Elles ont réuni des représentants des 191 pays membres du FMI, ainsi que des responsables économiques, des institutions financières, du secteur privé et de la société civile. Les pays sont représentés par les ministres de finances et les gouverneurs des banques centrales. Les principaux rendez-vous ont porté sur les perspectives économiques, la stabilité financière et le financement du développement.

L’ordre du jour ne change pas beaucoup d’une année à l’autre, sauf quand un évènement majeur ou une crise ou un phénomène préoccupant se manifestent. Cette année deux dossiers majeurs ont émergé : l’IA comme facteur de transformation économique et social et l’endettement des Etats comme facteur de blocage du développement économique et de l’aide public au développement.

Le FMI relève sa prévision de croissance 2026 à 3,1% (contre 3% en juillet) mais reste sous les 3,5% de 2025 ; l’inflation à 4,7% en 2026 puis 4,1% en 2027. « Le modèle est à deux vitesses : les économies connectées au boom de l’IA (USA, Taïwan, Corée) résistent, les importateurs d’énergie non intégrés à l’IA sont les plus vulnérables. ». Cette jonction entre énergie et IA a surpris plus d’un. L’IA est présentée comme le facteur critique dans la croissance future des économies.

Des manifestations à Bangkok ont dénoncé « la pauvreté, l’endettement des ménages, les inégalités et les dommages environnementaux. Ces mobilisations traduisent les critiques d’une partie de la société civile, qui estime que les politiques économiques internationales ne répondent pas suffisamment aux besoins des populations les plus vulnérables. ».

Les enjeux géopolitiques ont obéré la croissance économique mondiale par le choc énergétique. La conjoncture économique dominée par les questions géopolitiques, particulièrement au Moyen-Orient, a eu une part significative dans les débat non pas du point de vue politique et militaire mais du point de vue économique, dont l’économie mondiale a été affectée de manière décisive par les contraintes d’approvisionnement en énergie (pétrole et gaz). Toutes les économies ont été affectées à des degrés variables. Ainsi, l’économie mondiale montre une résilience fragile. Le choc énergétique a beaucoup retenu l’attention, car il est en relation avec la crise de la dette publique dans les pays développés. Il n’est jamais dit que la responsabilité des tensions géopolitique au moyen orient en en Europe de l’Est (détroit de Hormuz, détroit de Bab-El-Mendeb, guerre russo-ukrainienne) incombe à cet Occident dominateur et arrogant.

L’IA s’est imposée comme un sujet central. Elle soutient les investissements et pourrait améliorer la productivité, mais elle risque aussi de transformer profondément les emplois, notamment ceux accessibles aux jeunes diplômés. Le FMI et la Banque mondiale ont souligné l’importance de la formation, de l’adaptation des compétences et de l’accès des pays en développement aux bénéfices de cette technologie. Alors l’IA facteur de prospérité partagée ou facteur de fracture entre ceux qui ont la technologie et les autres ? La Directrice Générale du FMI appelle à une coopération internationale dans ce domaine. Maigre consolation pour les économies du Sud

Le dossier « Dette et financement du développement » a lui aussi était au centre des préoccupations : Hausse du coût du service de la dette, baisse de l’aide publique au développement, besoins massifs des pays émergents. La Banque Mondiale pousse vers une approche mixte : public + privé + philanthropie + technologie. Pendant plusieurs décennies, cette Institution a fait du développement du secteur privé son cheval de bataille, présenté comme une panacée ; voilà maintenant, elle promeut le partenariat Public-Privé comme politique de sortie de crise. A-t-on fait le bilan du développement du secteur privé ? En guise de réponse, le FMI et la Banque mondiale s’associent pour adopter le « Bangkok Blueprint » comme solution miracle. Ce dernier comprend : 1) Restructuration accélérée de la dette ; 2) Financements verts préférentiels, et 3) réforme des quotas pour mieux représenter l’Afrique et l’Asie. La dette publique est plutôt du côté des pays développés et c’est pourquoi les institutions de BrettonWoods s’en inquiètent. Les cinq pays les plus endettés (en valeur) sont les USA, Le Japon, Le Royaume-Uni, La France et l’Italie avec des profils très différents bien entendu.

Les grandes conclusions et recommandations générales 

–          Résilience fragile : La croissance se poursuit mais reste exposée à 4 risques : énergie, géopolitique, dette, marchés financiers. Les prévisions ne doivent pas masquer les vulnérabilités structurelles.

–          La dette comme contrainte bloquante : Pour les pays en développement, des charges financières élevées réduisent les marges pour investir dans les infrastructures, l’éducation, la santé et la transition énergétique. Il faut des mécanismes de restructuration plus efficaces (sic). Cette conclusion lapidaire et récurrente est étendue cette année aux pays développés.

–          Le Financement du développement doit produire des résultats : Le capital privé peut compléter mais pas remplacer l’aide publique, surtout là où la rentabilité est faible et les besoins sociaux élevés.

–          Transformation numérique, inclusion ou fracture : Les bénéfices de l’IA risquent d’être concentrés dans les pays déjà dotés en infrastructures et capitaux. Formation des jeunes et accès technologique doivent devenir prioritaires.

–          Crise de légitimité : La crédibilité du FMI/BM dépendra de résultats mesurables sur la dette, accès au financement, pauvreté et représentation. L’écart entre discours et mise en œuvre est de plus en plus contesté.

Recommandations prioritaires :

–          Budgétaire : Reconstruire des marges via des recettes, améliorer la transparence de la dette, accélérer les restructurations quand c’est nécessaire.

–          Sociale / Énergie : Préserver les signaux prix. Remplacer les subventions généralisées à l’énergie par des aides directes temporaires et ciblées vers les plus vulnérables.

–          Financement : Diversifier les sources : ressources nationales + financements concessionnels + privé + partenariats internationaux. Préserver les investissements productifs et sociaux tout en améliorant l’efficacité de la dépense.

–          Technologie / Emploi : Préparer les économies aux mutations via la formation professionnelle, la modernisation éducative et le soutien à l’emploi des jeunes.

–          Multilatéral : Renforcer la coopération sur la stabilité financière, la gestion de crise et le financement climatique. Évaluer les engagements sur la base d’indicateurs concrets : investissement, emploi, pauvreté, coût de la dette, accès aux services.

Conclusion finale : « L’économie mondiale est à un moment charnière. Stabilité durable = soutenabilité de la dette + financement du développement + emplois + réduction des inégalités. Le défi est de traduire les orientations de Bangkok en mesures financées et évaluables. »

* Professeur d’université et ancien ministre 

//////////////////

_Cette contribution a été rédigée sur la base des comptes rendus, des synthèses et des communiqués des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

_Sources : FMI programme officiel assemblées 2026, Groupe Banque Mondiale.

A propos LA NATION

Voir Aussi

Incident sur un puits pétrolier au Niger : l’Algérie dépêche une mission technique

L’Algérie a dépêché, du 12 au 19 octobre, une mission technique composée de cadres et …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *