Des études ont été menées afin de déterminer les mécanismes les mieux adaptés à chaque zone, ainsi que les plans de prévention à mettre en œuvre. Parallèlement, les pouvoirs publics poursuivent la réalisation d’ouvrages destinés à réduire les effets des crues, notamment les infrastructures hydrauliques et les barrages.
Face à la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes et aux risques naturels auxquels elle est régulièrement confrontée, l’Algérie renforce progressivement ses dispositifs de prévention et de gestion des catastrophes. Les inondations figurent parmi les principaux risques liés aux conditions climatiques, aux côtés notamment des incendies de forêt, des séismes et des épisodes de fortes chaleurs ou de pluies intenses.
Ces dernières semaines, plusieurs wilayas ont enregistré d’importantes quantités de précipitations, entraînant une hausse temporaire du niveau des eaux dans certaines zones. La wilaya d’Illizi a notamment connu une situation de ce type, sans toutefois que celle-ci ne présente un danger majeur, grâce à l’intervention des différentes autorités et services concernés ainsi qu’aux dispositifs prévus dans le cadre de la stratégie nationale de prévention du risque d’inondation.
Intervenant hier dans l’émission « Invité du matin » de la chaine 1 de la Radio algérienne, la sous-directrice chargée de la prévention des risques d’inondation au ministère de l’Hydraulique, Linda Ben Abderrahmane, a rappelé les principaux axes de cette stratégie nationale, adoptée en novembre 2020 et couvrant la période allant jusqu’à 2030. Cette stratégie repose notamment sur l’identification des zones exposées aux inondations. Quelque 865 sites présentant différents degrés de vulnérabilité ont ainsi été recensés à l’échelle nationale. Des études ont été menées afin de déterminer les mécanismes les mieux adaptés à chaque zone, ainsi que les plans de prévention à mettre en œuvre. Parallèlement, les pouvoirs publics poursuivent la réalisation d’ouvrages destinés à réduire les effets des crues, notamment les infrastructures hydrauliques et les barrages. Selon la responsable, les zones les plus exposées se concentrent particulièrement dans l’Est et le Sud du pays, avec des niveaux de risque variables dans des wilayas telles que Tébessa, Annaba, Jijel, Laghouat et Skikda.
Plus de 500.000 mètres de cours d’eau nettoyés
Le ministère de l’Hydraulique a également recensé plusieurs « points noirs » particulièrement exposés aux inondations. Leur traitement est mené en coordination avec les différents secteurs et services concernés, à travers notamment des opérations de réaménagement visant à réduire leur vulnérabilité. Dans ce cadre, l’Office national de l’assainissement, en collaboration avec les autorités locales, met en œuvre chaque année un programme de nettoyage et de désencombrement des cours d’eau. Les opérations sont renforcées à la fin de l’été, en prévision de la période automnale et hivernale, caractérisée par un risque accru de fortes précipitations. L’ampleur du réseau hydrographique à entretenir constitue un défi important, avec quelque 7.000 kilomètres de cours d’eau à travers le pays. Plus de 500.000 mètres ont ainsi été nettoyés durant le trimestre en cours, selon Linda Ben Abderrahmane.
La responsable a expliqué que les inondations sont souvent provoquées par des précipitations particulièrement abondantes sur une courte période, qui empêchent l’infiltration et l’évacuation rapides des eaux. L’obstruction des avaloirs et des réseaux d’évacuation par les déchets et les détritus constitue également un facteur aggravant.
Des réseaux d’assainissement à moderniser
La vétusté d’une partie du réseau d’évacuation des eaux constitue un autre enjeu. Selon la responsable, environ 70 % du réseau actuel est ancien. Des opérations de réhabilitation sont donc menées progressivement, avec l’utilisation de matériaux plus durables, tandis que certaines infrastructures sont également renforcées afin de répondre à l’expansion urbaine.
La prévention des inondations s’inscrit ainsi dans une approche plus globale de gestion des risques naturels. Pour l’Algérie, régulièrement exposée à différents phénomènes naturels et climatiques, l’enjeu consiste à renforcer l’anticipation, l’entretien des infrastructures et la coordination entre les différents services. La responsable a, enfin, souligné que la combinaison de ces mesures préventives et d’une meilleure sensibilisation des citoyens devrait contribuer à réduire sensiblement la fréquence et l’impact des inondations. L’entretien des réseaux, l’élimination des déchets dans les cours d’eau et les avaloirs ainsi que le respect des consignes de prévention demeurent, à cet égard, des éléments essentiels du dispositif.
Synthèse : Abir. N
LA NATION Quotidien National D'information