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Financement du terrorisme au Sahel : Les Emirats arabes unis auraient payé une rançon à El-Qaida

Une rançon de 50 millions de dollars versée par les Emirats arabes Unis à El Qaida pour libérer un otage émirati a servi au financement de  la dernière offensive terroriste  au Mali qui a fortement secoué les fondements de cet Etat vulnérable du Sahel. C’est qu’a rapporté l’agence Reuters, en citant un rapport de l’ONU. «Des experts de l’ONU affirment que la majeure partie des 50 millions de dollars de rançon versés pour la libération d’un otage a été destinée à des combattants opérant à travers le Mali. Selon un nouveau rapport de l’ONU, cet argent a financé leurs opérations, notamment leur offensive d’avril dernier », a rapporté l’agence de presse britannique. La majeure partie de l’argent est allée à des combattants opérant dans la région du Sahel, mais une partie a également été transférée à Al-Qaïda au Yémen et aux dirigeants centraux de l’organisation, qui se trouveraient probablement en Iran ou en Afghanistan, selon le rapport de l’ONU.

Si le nouveau rapport de l’ONU n’a pas identifié l’otage et n’a pas précisé qui avait effectué le paiement, trois sources régionales ont identifié le pays ayant effectué le paiement comme étant les Émirats arabes unis (EAU), a précisé Reuters. « Selon ces sources, un ressortissant émirati ainsi que deux autres étrangers, qui avaient également été enlevés mais dont le rapport de l’ONU ne fait pas mention, ont été libérés après le versement de l’argent. Elles n’ont pas expliqué comment l’opération avait été réalisée », a-t-elle détaillé. «Interrogé au sujet de l’enlèvement et du paiement de la rançon, un responsable émirati n’a pas abordé les détails de l’affaire, mais a déclaré que son pays condamnait et combattait fermement l’extrémisme et le terrorisme », a encore ajouté l’agence de presse.

Les deux autres otages libérés étaient originaires du Pakistan et d’Iran, ont indiqué deux sources régionales de sécurité, sans fournir de détails sur d’éventuels paiements de rançon. Les gouvernements pakistanais et iranien n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Le rapport de l’ONU, rédigé par une équipe chargée de surveiller Al-Qaïda et l’État islamique pour le compte du Conseil de sécurité des Nations unies, a été présenté à huis clos au comité des sanctions de l’ONU la semaine dernière, selon une source directement informée du dossier qui s’est confiée à Reuters. Le rapport est daté du 10 août, mais a été publié sur le site de l’ONU le lendemain. Ces conclusions montrent comment un seul paiement de rançon peut transformer les finances et l’étendue des activités d’un réseau militant. Alors que les branches les plus puissantes d’Al-Qaïda se trouvent désormais en Afrique, cette importante injection de liquidités a renforcé des combattants qui ont étendu leur présence dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et défié des gouvernements soutenus par les forces russes, selon des responsables régionaux de la sécurité et des experts militaires. « Ces fonds ont joué un rôle essentiel dans le financement de l’offensive du groupe à travers le Mali », a indiqué le rapport, sans préciser comment l’argent a été transféré ni à quelles fins précises il a été utilisé. Le rapport de l’ONU indique qu’une partie des 50 millions de dollars de rançon a été attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), une composante du JNIM et la branche officielle d’Al-Qaïda en Afrique du Nord.

R.N

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