Le tribunal de Bir Mourad Raïs a prononcé, ce lundi, une peine de sept ans de prison ferme à l’encontre du principal accusé dans l’affaire de profanation présumée du drapeau national avec mandat de dépôt à l’audience. Le tribunal a également condamné le second prévenu dans la même affaire à une peine de sept ans de prison ferme. Auparavant, le procureur de la République près le même tribunal a requis une peine de cinq ans de prison ferme assortie d’une amende de 500 000 dinars à l’encontre de deux prévenus placés en détention provisoire.
Les deux accusés, identifiés par les initiales K.A.A., organisateur d’un événement festif lié à la plateforme TikTok, et A.M.S., photographe chargé de la couverture médiatique de la cérémonie, sont poursuivis pour le délit de profanation volontaire de l’emblème national, en vertu de l’article 160 bis du Code pénal.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a insisté sur la dimension symbolique du drapeau national, rappelant qu’il incarne la souveraineté de l’État, l’identité collective et l’histoire du peuple algérien. Il a souligné que cet emblème ne peut être réduit à un simple objet matériel, mais constitue un symbole juridique, historique et identitaire fondamental.
Le parquet reproche à l’organisateur d’avoir placé le drapeau dans le hall d’un hôtel, espace de passage fréquenté, en l’exposant à un risque de piétinement, tout en lui imputant le fait d’y avoir marché. Le second prévenu est, pour sa part, accusé d’avoir participé à la mise en scène et à l’organisation du dispositif ayant conduit à l’exposition du drapeau dans des conditions jugées attentatoires à son respect. Le ministère public affirme que les faits sont établis par des enregistrements vidéo largement diffusés sur les réseaux sociaux.
À l’audience, les deux accusés ont catégoriquement nié toute intention de porter atteinte à l’emblème national. Interrogés sur la diffusion en direct de la cérémonie sur les réseaux sociaux, ils ont évoqué des circonstances imprévues et des difficultés techniques liées à l’organisation de l’événement.
Le tribunal a entendu six témoins, dont la gérante de l’hôtel, qui a déclaré ne pas avoir été présente lors des faits, ainsi que le propriétaire du drone utilisé pour filmer la cérémonie. Ce dernier a expliqué que la mise en scène initiale avait été modifiée après des essais de captation jugés insatisfaisants. L’épouse de l’organisateur a également témoigné, affirmant ne pas avoir assisté à l’incident.
Le principal prévenu a déclaré n’avoir jamais eu l’intention de marcher sur le drapeau national, affirmant ne pas l’avoir remarqué au sol au moment des faits. Il a indiqué avoir ordonné son retrait dès qu’il en avait été informé. Il a également précisé que l’événement visait à récompenser des créateurs de contenu sur TikTok et qu’il avait financé personnellement l’achat du drapeau pour un montant de 50 000 dinars, dans une démarche d’hommage.
Le second accusé a, de son côté, expliqué que le drapeau faisait partie d’une scénographie initialement prévue pour être déployée en hauteur par des influenceuses. Des contraintes techniques auraient toutefois empêché la réalisation de ce scénario, conduisant à son abandon.
Parallèlement à la procédure judiciaire, les autorités algériennes ont ordonné la fermeture de l’hôtel de luxe The Legacy, situé à Hydra (Alger), ainsi que le retrait de son autorisation d’exploitation, à la suite d’un incident similaire survenu lors d’un événement organisé dans l’établissement.
Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a indiqué qu’une enquête administrative avait été ouverte après la diffusion d’images montrant le drapeau national posé au sol lors d’une soirée.
Synthèse : Sid Ali
LA NATION Quotidien National D'information