Le président nigérien, le général de brigade Abdourahamane Tiani est arrivé ce dimanche à Alger pour sa première visite en Algérie depuis son accession au pouvoir. Cette visite traduit le retour à la normale des relations entre les deux pays.
Le premier signal de ce retour à la normale a été la visite du ministre des Hydrocarbures et des Mines Mohamed Arkab au Niger fin janvier. Une visite durant laquelle les deux pays ont repris la coopération dans le domaine de l’exploration pétrolière, et discuté du gazoduc transsaharien TSGP.
A l’origine de la crise algéro-nigérienne, se trouvait le refus de Niamey de la médiation algérienne suite au renversement du président Mohamed Bazoum.
La position de l’Algérie était, à cette époque, pour le retour à l’ordre constitutionnel tout en refusant toute intervention étrangère y compris celle de la CDAO.
La situation s’est empirée, quand le nouveau régime s’est solidarisé avec le pouvoir malien et surtout après l’incident du drone malien abattu dans l’espace aérien de l’Algérie.
Ces dernières semaines, les prises de contact entre les responsables des deux pays ont abouti au réchauffement des relations et au retour des ambassadeurs des deux côtés le 12 de ce mois de février.
Ainsi, la visite du président nigérien, sur invitation du président Abdelmadjid Tebboune intervient pour sceller le retour à la normale des relations.
Selon la présidence de la République algérienne, cette visite vise à « renforcer les liens de fraternité, de coopération et de bon voisinage entre les deux pays frères, dans une nouvelle dynamique permettant une utilisation optimale de leurs atouts et de leur potentiel, au bénéfice des peuples algérien et nigérien ».
Cette visite sera également l’occasion d’aborder des « questions politiques relatives à la région du Sahel en particulier et au continent africain en général », a ajouté la présidence de la République.
L’Algérie et le Niger entretiennent des relations historiques structurées autour d’une commission mixte bilatérale, élevée par la suite au rang de grande commission mixte, qui a permis d’élargir la coopération à l’ensemble des secteurs stratégiques. Cette dynamique traduit la volonté commune de relancer la concertation politique au plus haut niveau et de redynamiser les projets conjoints au service de l’intégration régionale et continentale.
À l’occasion de la visite du ministre Mohamed Arkab, le président nigérien a réaffirmé l’engagement de son pays à renforcer la coopération avec l’Algérie dans tous les domaines, saluant notamment son expertise dans les hydrocarbures. Il a exprimé le souhait de voir le Niger bénéficier de l’expérience algérienne dans l’exploration pétrolière, en particulier dans le cadre du projet de Sonatrach au bassin de Kafra. Il a également mis en avant l’importance du gazoduc transsaharien, considéré comme un levier majeur de développement pour les pays de transit.
Les deux pays sont liés par plusieurs projets structurants, notamment dans l’énergie, la fibre optique et la formation. En signe de solidarité, l’Algérie a aussi apporté une aide humanitaire au Niger après les inondations de 2024 et accordé près de 300 bourses d’études à des étudiants nigériens.
Sid Ali
LA NATION Quotidien National D'information