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Education nationale : la crise du remplacement des enseignants s’amplifie

Un nombre considérable d’enseignants remplaçants refusent d’occuper des postes temporaires ne dépassant pas trois à quatre mois, provoquant ainsi un manque d’enseignants dans certaines matières, notamment le français et l’anglais, et parfois même dans des matières fondamentales comme les mathématiques.

De nombreux établissements scolaires à travers les wilayas du pays font face à un déficit notable en encadrement pédagogique, en raison de postes vacants dans plusieurs matières. Selon des acteurs du secteur de l’éducation, cette situation est due au désintérêt croissant des enseignants remplaçants pour les postes temporaires, en raison des retards importants dans le versement de leurs salaires, ainsi que de la perte de l’allocation chômage pendant la période de remplacement.

Dans ce contexte, le président de l’Association nationale des parents d’élèves, Khaled Ahmed, a affirmé qu’un nombre considérable d’enseignants remplaçants refusent d’occuper des postes temporaires ne dépassant pas trois à quatre mois. Cela a entraîné un manque d’enseignants dans certaines matières, notamment le français et l’anglais, et parfois même dans des matières fondamentales comme les mathématiques, provoquant ainsi inquiétude et colère parmi les parents et les élèves. Il a précisé que l’association a reçu des plaintes de parents affirmant que leurs enfants n’ont pas suivi de cours de français pendant un semestre, voire deux, et que dans certaines wilayas du Sud, des élèves sont restés une année entière sans professeur.

Le président de l’Association nationale des parents d’élèves a appelé le ministère de l’Éducation nationale à confier provisoirement les classes vacantes à des enseignants au sein des mêmes établissements, en leur accordant une compensation financière, comme solution d’urgence pour combler le déficit constaté.

Selon lui,  le refus des enseignants d’occuper des postes temporaires au non-paiement des salaires dans les délais, appelant les autorités de tutelle à adopter la numérisation et à recruter les enseignants remplaçants via une plateforme numérique, tout en prévoyant à l’avance l’enveloppe budgétaire dédiée aux postes de remplacement afin de garantir le paiement des dus dans les délais.

De son côté, le secrétaire national du Syndicat des lycées algériens (CLA), Fawaz Medkour, a déclaré que l’allocation chômage a largement contribué au désintérêt des enseignants pour les postes de remplacement ces dernières années. Il a expliqué que le salaire perçu par un enseignant remplaçant est proche du montant de l’allocation chômage, ce qui n’encourage pas à accepter des postes temporaires. Il a, en outre, souligné la nécessité de mettre en place un mécanisme garantissant la récupération immédiate de l’allocation chômage à la fin de la période de remplacement, ainsi que le paiement ponctuel des salaires des enseignants remplaçants. Il a également appelé à la conclusion d’un accord clair entre le ministère de l’Éducation et les enseignants afin de simplifier les procédures et de combler le déficit constaté dans les établissements scolaires.

Il convient de rappeler que les établissements scolaires souffrent d’un déficit d’encadrement en raison de l’accueil annuel d’environ 500 000 élèves supplémentaires, contre l’intégration de plus de 82 410 enseignants. Cette situation a contraint les chefs d’établissement à rechercher des enseignants remplaçants pour couvrir les congés de maladie de longue durée et les congés de maternité rémunérés, qui atteignent désormais 150 jours (5 mois) en vertu des nouvelles modifications prévues en juillet 2025.

Amel Bici

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