Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a annoncé que les exportations algériennes hors hydrocarbures ont atteint 5 milliards de dollars, qualifiant ce niveau de « véritable prouesse ». Il a rappelé qu’avant son accession à la magistrature suprême, ces exportations ne dépassaient pas 1,8 milliard de dollars, soulignant ainsi le chemin parcouru dans la diversification de l’économie nationale.
Dans ce contexte, le chef de l’État a mis en avant la stratégie visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures à travers le développement du secteur minier et la transformation locale des ressources. Il a affirmé que l’Algérie ambitionne de rejoindre le groupe des pays émergents, un objectif qui passe notamment par l’exploitation de ses richesses minières et leur valorisation industrielle.
À ce titre, le président Tebboune est revenu longuement sur le projet du gisement de fer de Gara Djebilet, soulignant que tous les experts internationaux s’accordent sur sa forte rentabilité. Il a précisé que la qualité du minerai, avec une teneur dépassant 52 %, permettra à l’Algérie de mettre fin aux importations de minerai de fer dans un délai de deux à trois ans. Actuellement, cette facture avoisine 1,5 milliard de dollars par an. À court terme, l’arrêt définitif des importations permettra ainsi une économie estimée à 1,4 milliard de dollars.
Le chef de l’État a également indiqué que l’extension des complexes industriels de Jijel, Tosyali et El Hadjar doit s’accompagner d’une montée en puissance de la production nationale afin de passer d’une logique d’importation à celle de l’exportation de produits transformés, notamment les plaques et matériaux de construction. Ce vaste projet générera, selon lui, près de 18 000 emplois, rappelant que la Société nationale des chemins de fer a déjà annoncé l’ouverture de 500 postes pour la formation du personnel affecté à la ligne Gara Djebilet–Tindouf–Béchar.
S’agissant des autres projets miniers structurants, le président Tebboune a annoncé que les travaux d’extraction de l’usine de plomb et de zinc d’Oued Amizour débuteront à la fin du mois de mars 2026. Il a précisé que le projet avance avec prudence, dans le respect des populations locales, ajoutant que les dernières difficultés concernent la régularisation financière d’une dizaine de propriétaires fonciers. Il a, par ailleurs, souligné la forte demande mondiale et la valeur élevée du zinc.
Concernant le phosphate de l’Oued el-Hedba, le président a confirmé que le phosphate brut atteindra les quais du port d’Annaba vers la fin de 2026 et au cours du premier semestre 2027, avant d’être acheminé vers les unités de transformation ou exporté vers les marchés extérieurs. Il a indiqué que 450 km de la ligne ferroviaire reliant l’Oued el-Hedba à Annaba ont déjà été réalisés, sur un total de 625 km, les tronçons restants nécessitant la construction de tunnels et de ponts.
Abordant la situation économique globale, le président Tebboune a assuré que l’État est parvenu à préserver la stabilité macroéconomique, à maintenir la valeur du dinar et à absorber les chocs économiques sans alourdir la pression fiscale sur les citoyens. Il a estimé que l’inflation n’a pas affecté les salaires, rappelant que ceux-ci ont été revalorisés de 50 % avec un impact maîtrisé, dès lors que cette augmentation s’est accompagnée d’un effort de production.
Dans le domaine social, le chef de l’État a réaffirmé que toute réforme de la politique de soutien sera menée dans le cadre d’une concertation nationale associant partis politiques et syndicats. Il a précisé que la généralisation de la numérisation, prévue d’ici fin 2026, permettra d’identifier précisément les catégories réellement éligibles au soutien, afin de renforcer la justice sociale.
Enfin, le président Tebboune a annoncé l’achèvement du projet de la ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset vers la fin de l’année 2028, soulignant que ce chantier s’inscrit dans une vision globale visant à désenclaver les régions du Sud et à renforcer l’unité nationale. Il a également précisé que la liaison ferroviaire entre le Nord du pays et Adrar sera finalisée fin 2026, pour une mise en service au début de l’année 2027, confirmant que le développement des infrastructures demeure un pilier central de la stratégie économique nationale.
Synthèse : Seddik Y.
LA NATION Quotidien National D'information