Accueil / National / Célébration des 100 ans de la naissance de Hocine Aït Ahmed : retour sur un siècle de combat politique et d’engagement intellectuel

Célébration des 100 ans de la naissance de Hocine Aït Ahmed : retour sur un siècle de combat politique et d’engagement intellectuel

A l’occasion du centenaire de la naissance du Moudjahid et militant nationaliste Hocine Aït Ahmed, le Front des Forces Socialistes (FFS) a organisé un colloque international de deux jours intitulé « Trajectoire d’un combattant politique et héritage d’une œuvre intellectuelle (1926-2026) ».  Parrainé par le philosophe Edgar Morin, membre d’honneur de la Fondation Hocine-Aït Ahmed, ce colloque a vu la participation de plusieurs personnalités et spécialistes de l’histoire du mouvement national algérien. Parmi eu figurent Benjamin Stora, Gilles Manceron, Mohamed Lahcen Zeghidi, Ali Guenoun, Amar Mohand Amer, Ounassa Siari Tengour, Nedjib Sidi Moussa…

Dans cette perspective de transmission, la Fondation Hocine-Aït Ahmed a rappelé, à travers une lettre lue par Samir Ghazlaoui, cadre du FFS, l’importance du devoir de mémoire historique et intellectuelle. L’historien Mohamed Lahcen Zeghidi a ouvert les réflexions par une communication consacrée à « l’enfance et la jeunesse de Hocine Aït Ahmed », explorant les origines de sa conscience politique. Né le 20 août 1926 à Aïn El Hammam, en Haute Kabylie, Aït Ahmed grandit dans un environnement à la fois spirituel et militant. Son père, notable influent, et sa mère, descendante de Lalla Fatma N’Soumer, ont profondément marqué son héritage moral.

Selon Zeghidi, ces origines ont forgé chez lui un sens aigu de la responsabilité et du service collectif. Son enfance, marquée par la pauvreté, la maladie et des conditions scolaires difficiles — parcourant jusqu’à dix kilomètres à pied pour rejoindre l’école — a renforcé chez lui l’autonomie, la discipline et la solidarité. Très tôt, il s’initie à la politique nationale au contact de militants du PPA et de l’Étoile nord-africaine, développant un engagement précoce au sein des structures étudiantes.

L’historien Amar Mohand Amer est revenu sur la trajectoire révolutionnaire d’Aït Ahmed, de son engagement dans l’Organisation spéciale (OS) à la rédaction du rapport de Zeddine. Il a replacé cette période dans le contexte des recompositions politiques de l’après-guerre, marqué par les massacres de 1945 et les fraudes électorales de 1948. Des actions emblématiques, comme l’attaque de la poste d’Oran, témoignent d’une stratégie mêlant action directe et réflexion politique. Le rapport de Zeddine illustre, selon lui, la capacité d’Aït Ahmed à analyser lucidement les forces et limites de l’OS et à proposer des orientations structurées pour la lutte.

Au-delà de l’action armée, ses choix traduisent une conscience sociale profonde, ancrée dans les réalités des populations marginalisées. Son héritage résonne dans les mobilisations populaires post-indépendance, du 5 juillet 1962 jusqu’au Hirak de février 2019. La tension entre son rôle de père fondateur de l’Algérie indépendante et celui de dissident face aux dérives autoritaires demeure centrale pour comprendre l’histoire politique du pays.

Un hommage a été rendu à l’historien Mohamed Harbi, disparu récemment. Il devait prendre part au colloque. Les organisateurs ont dédié l’ensemble des travaux à sa mémoire, souhaitant que son esprit critique éclaire les débats.

Sid Ali

A propos LA NATION

Voir Aussi

Remboursement de médicaments : lancement de la carte électronique au profit des personnes non assurées

La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition feminine, accompagnée …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *