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Gaza : la crise humanitaire atteint un seuil critique

La bande de Ghaza fait face à l’une des pires crises humanitaires de son histoire, aggravée par une nouvelle vague de froid polaire qui frappe un territoire déjà dévasté par plus de deux ans d’agression sioniste. Selon les autorités sanitaires locales, 21 personnes déplacées, dont 18 enfants, sont mortes à cause du froid intense dans les camps de déplacement forcé, une tragédie qui illustre l’effondrement total des conditions de vie dans l’enclave assiégée.

Les responsables de la santé à Ghaza alertent sur une situation « catastrophique », alors que les intempéries mettent à nu l’extrême vulnérabilité de centaines de milliers de familles sans abri digne de ce nom. D’après les chiffres communiqués par des sources officielles et relayés par l’agence de presse palestinienne WAFA, près de 127 000 tentes sur un total de 135 000 sont désormais inhabitables, emportées ou gravement endommagées par les vents violents, les pluies abondantes et l’usure liée aux bombardements répétés.

Dans les camps, les déplacés affrontent un froid glacial sans couvertures suffisantes, sans matelas ni moyens de chauffage. De nombreuses familles dorment directement sur un sol humide et glacé, à l’intérieur de tentes déchirées qui ne protègent ni du vent ni de la pluie. La situation est encore plus dramatique dans les zones éloignées et isolées, où l’accès à l’aide humanitaire reste extrêmement limité.

Les autorités indiquent que le taux de pénurie en couvertures et en moyens de chauffage dépasse 70 % à l’échelle de la bande de Ghaza, atteignant des niveaux encore plus alarmants dans certaines régions reculées. Cette pénurie n’est pas fortuite. Des sources officielles accusent l’occupation sioniste d’avoir pris pour cible, de manière systématique, les centres d’hébergement et de distribution de l’aide humanitaire, avec le bombardement de 303 centres d’accueil et 61 centres de distribution alimentaire depuis le début de l’agression.

Ces attaques ont privé la majorité des familles déplacées de toute possibilité de se protéger contre le froid, exposant particulièrement les enfants, les femmes et les personnes âgées. Outre les décès enregistrés, ces conditions ont entraîné des milliers de cas de maladies respiratoires et infectieuses, dans un contexte où le système de santé est quasiment anéanti.

La situation sanitaire demeure en effet « extrêmement fragile ». Bassam Zaqout, directeur de l’Association de secours médical à Ghaza, souligne un manque critique d’équipements, de personnel médical et de capacités de diagnostic, aggravé par une grave pénurie de carburant. « Les hôpitaux souffrent d’un manque sévère de carburant, ce qui empêche toute tentative réelle de rétablir le minimum des services de santé », a-t-il déclaré aux médias.

Selon lui, les tempêtes successives ont à plusieurs reprises détruit les tentes des déplacés, laissant des familles entières sans abri, parfois en pleine nuit, sans équipes de secours capables d’intervenir rapidement. Il a révélé que six enfants sont déjà décédés à cause du froid, mettant en garde contre une possible augmentation du bilan avec l’arrivée de nouvelles vagues de mauvais temps.

Face à l’urgence, certains comités de déplacés tentent de mettre en place des mesures rudimentaires, comme l’installation de barrières de sable pour limiter l’infiltration de l’eau. Mais ces initiatives restent largement insuffisantes. La destruction des tentes contraint par ailleurs de nombreuses familles à en rechercher de nouvelles, dans un contexte de flambée des prix et de restrictions sévères dans les critères de distribution de l’aide.

Parallèlement, la catastrophe humanitaire est aggravée par l’entrave persistante à l’entrée des aides. Le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a dénoncé une politique délibérée de châtiment collectif, affirmant que l’interdiction de l’aide d’urgence, combinée aux conditions climatiques extrêmes et aux bombardements, plonge des dizaines de milliers de familles déplacées dans une détresse absolue. Il a accusé la communauté internationale de silence complice et appelé à une action immédiate pour permettre l’entrée sans restriction d’habitations mobiles, d’équipements médicaux et d’aide humanitaire.

Sur le plan médical, la situation est tout aussi alarmante. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que plus de 18 500 personnes, dont 4 000 enfants, ont un besoin urgent d’évacuation médicale hors de Ghaza. Depuis octobre 2023, plus de 10 700 patients ont été évacués vers une trentaine de pays, mais les besoins restent immenses face à l’effondrement du secteur de la santé, marqué par la destruction de 38 hôpitaux et la mise hors service de 96 centres de soins.

Depuis le 7 octobre 2023, l’agression sioniste contre la bande de Ghaza a fait 71 419 martyrs et 171 318 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu en octobre dernier, les violations se poursuivent, avec 442 martyrs et 1 240 blessés supplémentaires recensés depuis son entrée en vigueur. Dans ce contexte, le froid hivernal s’ajoute désormais aux bombardements comme une arme silencieuse, transformant les camps de déplacés en lieux de mort lente et d’abandon.

Synthèse : Brahim.T

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