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Situation dans le Sahel Africain : la Russie propose sa médiation entre l’Algérie et le Mali

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que la Russie est prête à jouer un rôle de médiateur pour atténuer les tensions croissantes entre l’Algérie et le Mali, affirmant que les deux parties ont exprimé leur intérêt pour une telle démarche.

« Nous sommes en contact à la fois avec nos amis algériens et maliens, et tous deux souhaitent que nous les aidions à réduire leurs différends. Nous sommes tout à fait disposés à le faire », a indiqué Lavrov, dans un entretien accordé à des journalistes arabes, rapporté par l’agence Sputnik.

Le chef de la diplomatie russe attribue l’origine des tensions à des fractures historiques issues de l’époque coloniale, évoquant des frontières tracées arbitrairement par les anciennes puissances coloniales, sans considération pour les réalités ethniques et sociales du continent africain.

« De nombreuses frontières en Afrique ont été dessinées à la règle. Cela a fragmenté des communautés et semé les germes de conflits durables », a-t-il soutenu.

Lavrov a rappelé que l’Union africaine avait un temps envisagé une redéfinition de certaines frontières pour mieux refléter les réalités du terrain, mais a finalement renoncé à cette option par crainte d’une multiplication des conflits, une décision qu’il a qualifiée de « sage ».

Cependant, la crise actuelle entre Alger et Bamako ne relève pas d’un contentieux frontalier, mais bien d’une crise politique malienne interne, née du désengagement unilatéral des autorités militaires de transition vis-à-vis de l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation signé en 2015 avec les mouvements azawadiens, sous médiation algérienne.

Lavrov défend la présence russe au Mali

Interrogé sur les allégations visant les forces russes déployées au Mali, en particulier le “corps africain”, ex-Wagner, accusé d’exactions contre les civils dans le nord du pays, Lavrov a fermement démenti toute implication dans des abus.

« Le corps africain est une unité officielle relevant du ministère russe de la Défense. Il ne vise ni les civils ni les infrastructures civiles. Il opère uniquement à la demande des autorités légitimes du Mali », a-t-il affirmé.

Ces déclarations interviennent alors que les forces russes sont accusées, notamment par des groupes azawadiens, de soutenir militairement les autorités de Bamako dans une logique de répression, au détriment des populations locales.

Les Azawadiens dénoncent une continuité de la répression

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a exprimé son rejet du remplacement du groupe Wagner par le “corps africain”, estimant qu’il ne s’agit que d’un changement de façade, sans amélioration sur le terrain.

Dans un communiqué publié en juin, les mouvements azawadiens ont qualifié ce remplacement de «prolongement du même modèle répressif, caractérisé par la violation systématique des droits de l’homme, le mépris des populations locales, et une absence totale de vision politique ».

Selon eux, cette continuité traduit l’échec de la junte militaire malienne, incapable de proposer un projet de gouvernance au service des populations.

A signaler que la position de l’Algérie a été toujours claire quant à son refus de toute présences militaires étrangères dans la région du Sahel, à commencer par les Russes. « Même si la Russie est un pays ami, l’Algérie a exprimé son rejet quant à la présence de mercenaires à ses frontières,» a déclaré le président Tebboune lors d’une rencontre avec la presse.

Un retour en arrière dans le processus de paix

Le processus de paix issu de l’Accord d’Alger, qui avait permis en 2015 de stabiliser les relations entre Bamako et les mouvements azawadiens, est aujourd’hui à l’arrêt. Le reniement progressif, puis la rupture unilatérale de l’accord par les autorités militaires il y a deux ans, ont ravivé le conflit et fragilisé durablement la situation sécuritaire dans le nord du Mali.

L’implication de l’Algérie en tant que médiateur historique dans ce processus a été remise en cause par Bamako, contribuant à détériorer les relations bilatérales entre les deux pays. C’est dans ce contexte que Moscou propose son aide pour relancer le dialogue et rétablir un climat de confiance.

Sid Ali

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