Accueil / Economie / Avantages fiscaux prévus par l’accord d’association avec l’UE : l’Algérie a perdu 20 milliards de dollars

Avantages fiscaux prévus par l’accord d’association avec l’UE : l’Algérie a perdu 20 milliards de dollars

Le contrôleur général à la Direction générale des Douanes, Mourad Ammi, a estimé les pertes de l’Algérie, dues à l’accord d’association avec l’Union européenne, à environ 20 milliards de dollars entre décembre 2005 et le 31 décembre 2024, soit environ 1 milliard de dollars par an.

Dans une intervention lors d’une journée parlementaire organisée mardi dernier par le groupe parlementaire du Front de Libération Nationale, sur le thème «L’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne : nécessité de l’évaluer et impératif de le réviser », Mourad Ammi a expliqué que 84 % du commerce avec l’Union européenne a été libéralisé grâce à cet accord. En combinant les exonérations et les réductions de droits, ce taux atteint 87 %, tandis que les 13 % restants concernent des produits non négociés, toujours soumis aux droits de douane en vigueur.

Le total des avantages fiscaux prévus par l’accord dépasse les 2 000 milliards de dinars algériens, soit environ 20 milliards de dollars. Mourad Ammi a également révélé qu’entre septembre 2005 et le 31 décembre 2024, l’Algérie a importé pour 391,64 milliards de dollars de biens depuis l’Union européenne, contre 445,95 milliards de dollars depuis le reste du monde, ce qui représente environ 47 % de ses importations totales.

Il a précisé que la balance commerciale était en faveur de l’Algérie, mais que le problème réside dans la structure des exportations vers l’Union, qui s’élèvent à 585 milliards de dollars et concernent principalement les hydrocarbures, des exportations jugées assurées même sans accord de partenariat.

Il a également indiqué que 54 % des importations européennes en Algérie n’ont pas bénéficié des avantages fiscaux et ont donc été soumises aux droits de douane, soit parce qu’elles ne remplissaient pas les conditions d’origine, soit parce qu’elles figuraient sur la liste d’exclusion. Environ 176 milliards de dollars d’importations européennes ont tout de même profité des exonérations prévues par l’accord.

Selon Mourad Ammi, l’accord d’association avec l’Union européenne semble, sur le papier, avantageux pour l’Algérie, mais dans la réalité, c’est l’inverse. Il a souligné la nécessité de doubler la production locale et d’investir pour orienter l’économie vers l’exportation.

Dans le même contexte, Mohamed Tifouri, directeur des statistiques, de la numérisation et de la prospective au ministère de l’Agriculture, a révélé que près de 90 % des importations agricoles de l’Algérie proviennent de l’Union européenne. Ces importations ont atteint leur pic en 2014 avec 5,7 milliards de dollars, avant de diminuer à 3,4 milliards de dollars en 2024, grâce aux mesures de rationalisation des importations prises après la crise pétrolière de 2014.

Tifouri a noté le désintérêt des opérateurs économiques algériens pour l’exportation de produits agricoles vers l’Europe. Ces exportations étaient initialement de 192 millions de dollars, puis ont diminué, avant de remonter à 156 millions de dollars en 2024.

Concernant la principale destination des exportations agricoles, il s’agit du pays où se trouve la plus grande communauté algérienne, avec environ 52 millions de dollars exportés. Il a précisé que la balance commerciale agricole entre l’Algérie et l’UE reste déséquilibrée.

Il a également souligné la difficulté d’accès des produits agricoles algériens aux marchés européens, en raison de barrières non tarifaires et de procédures douanières complexes. Ces produits font parfois face à une bureaucratie excessive et à des retards injustifiés aux points d’entrée de l’Union européenne, ce qui est problématique pour des denrées périssables.

Enfin, il a dénoncé la faiblesse des investissements directs européens dans le secteur agricole, bien que l’accord d’association mette l’accent sur l’attraction des investissements. Il a néanmoins souligné qu’il existe de réelles opportunités pour exporter des produits agricoles algériens comme les dattes, l’huile d’olive et certains fruits vers l’UE.

Synthèse : Mah.B

A propos LA NATION

Voir Aussi

ONS : le taux d’inflation établi à 1,5% fin novembre 2025

L’évolution mensuelle, mesurée par l’indice brut des prix à la consommation en novembre 2025 par …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *