
La publication par le ministère de l’Éducation nationale des tableaux détaillant les augmentations salariales des enseignants a suscité une vague de mécontentement au sein des syndicats du secteur. Ils estiment que les augmentations annoncées sont insuffisantes et ne répondent pas aux attentes de la communauté éducative. Les syndicats ont exigé des éclaircissements sur les critères ayant guidé ces augmentations et ont appelé à la révision de la loi fondamentale et du système indemnitaire pour garantir l’équité dans le secteur.
Le syndicat autonome du Conseil des Lycées Algériens (KLA) a exprimé son étonnement face au timing de la publication des tableaux, juste avant la reprise des cours après les vacances d’hiver, soulignant l’absence totale de transparence et d’explications.
Le KLA a estimé que la démarche manquait de professionnalisme et risquait d’entraîner des interprétations nuisibles au secteur. Il a ajouté qu’il aurait été plus approprié de fournir des détails clairs sur les augmentations dans des correspondances officielles destinées aux syndicats ou aux établissements éducatifs.
Le responsable de la communication du KLA, Fawaz Medkour, a affirmé que l’absence de clarté concernant les tableaux entravait la compréhension des critères sur lesquels les augmentations étaient basées. Il a estimé que ces augmentations n’étaient qu’une tentative d’apaiser la situation face aux protestations attendues de certaines catégories de travailleurs, telles que les inspecteurs, les directeurs d’écoles primaires et les surveillants.
Il a insisté sur le fait que le contenu du statut particulier devrait concerner le parcours professionnel de l’enseignant, soulignant que ce dernier devrait avoir une connaissance approfondie de sa carrière et de ses évolutions, pour garantir une productivité positive dans le processus éducatif.
Pour sa part, le syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF) a exprimé sa déception face aux augmentations annoncées. Le secrétaire national du syndicat, Boualem Amoura, a précisé que ces augmentations étaient insuffisantes pour résoudre les problèmes du secteur, en particulier au regard de ce qu’il considère comme une injustice faite à certaines catégories, comme les gestionnaires (mouqaddes), titulaires d’un diplôme de licence, qui restent classés dans des grades inférieurs à leurs qualifications.
Amoura a également indiqué qu’il n’y aurait pas de révision de la loi fondamentale du secteur de l’éducation après qu’elle ait été modifiée à deux reprises par décision présidentielle avant sa promulgation. Il a critiqué la politique du fait accompli adoptée par le ministère de l’Éducation. Dans ce contexte, il a appelé les syndicats à être impliqués dans la révision du système indemnitaire et à augmenter les salaires des corps communs et des travailleurs professionnels, en les incluant dans la loi fondamentale du secteur de l’éducation.
Le syndicat KLA a annoncé qu’il attendait une rencontre bilatérale avec le ministre de l’Éducation nationale, qui a été reportée, pour soulever toutes ses préoccupations, notamment la révision de la loi fondamentale. Le syndicat a précisé qu’une réunion serait organisée le 10 janvier prochain avec ses membres pour adopter une position unifiée concernant les prochaines étapes
Amel.B
LA NATION Quotidien National D'information