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11e round du dialogue militaire algéro-américain : vers un protocole d’accord de coopération en 2024

Les armées algériennes et américaines, qui semblent de plus en plus s’entendre, ont organisé, du 4 au 6 décembre, une nouvelle session de concertation à Washington pour renforcer leur partenariat.  

Les États-Unis d’Amérique «apprécient les relations militaires continues avec l’Algérie pour assurer la sécurité des deux pays», a indiqué dimanche un communiqué de l’ambassade US à Alger. Le texte a également annoncé la tenue d’un dialogue, du 4 au 6 décembre à Washington, entre les responsables militaires des deux gouvernements, après celui organisé à Alger en mars 2022.

Les débats ont été dirigés par «le général major Mounir Zahi et la sous-secrétaire américaine à la Défense par intérim pour les affaires africaines Jennifer Zakriski», a précisé la même source, ajoutant que «des représentants de haut niveau ont pris part à l’évènement, notamment l’ambassadeur des États-Unis en Algérie, Elizabeth Moore Aubin, le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade d’Algérie aux États-Unis, Abdelhamid Izeghlouche, ainsi que des responsables du ministère algérien de la Défense nationale, et des départements américains de la Défense et du Commerce».

Les discussions ont porté «essentiellement sur un projet de protocole d’accord sur la coopération militaire entre l’Algérie et les États-Unis en vue d’une signature prévue au début de 2024».

Les délégations ont, en outre, abordé le dossier «de sécurité régionale, maritime et de cybersécurité», ainsi que «les questions liées à la résilience aux catastrophes, les efforts de lutte contre le terrorisme et le partage d’informations».

Une table ronde consacrée à l’industrie militaire

Dans le même cadre, «une table ronde consacrée à l’industrie militaire s’est également tenue le 4 décembre 2023 avec des fournisseurs d’équipement militaire afin d’explorer la diversification des fournisseurs et des systèmes technologiques pour faire avancer les objectifs de défense nationale en partenariat avec l’Algérie ». La signature d’un protocole d’accord sur la coopération militaire entre les deux partenaires est, en outre, prévue au début de l’année 2024, a révélé le même communiqué.

La rencontre de Washington qui s’est achevée hier constitue le onzième round des pourparlers algéro-américains en matière de défense. Auparavant, les hauts gradés algériens et américains se sont rendus mutuellement de nombreuses des visites ces dernières années, à l’instar de celle effectuée en février dernier à Alger par le commandant de l’Africom, le général Michael Langley. Celui-ci a eu, en cette occasion, des entretiens avec le président de la République Abdelmadjid Tebboune et avec le chef d’état-major de l’Armée populaire nationale, Saïd Chanegriha.

Le rapprochement militaire et sécuritaire entre les deux pays suit une courbe ascendante depuis le lendemain des événements du 11 septembre 2001. Outre la participation de leurs armées à des exercices communs, ils coordonnent leurs actions pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé au Sahel.  Ils ont, cependant, des positions diamétralement opposés sur des questions importantes telles que la situation au Moyen-Orient, la définition du terrorisme, ainsi que sur le conflit au Sahara occidental.

La position non-alignée de l’Algérie ne semble pas gêner les Américains puisqu’ils ont établi avec elle un rapport pragmatique et non idéologique, sachant sa jalousie pour l’indépendance de sa décision. Sa diplomatie, comme l’ont réitéré à maintes occasions les plus hautes autorités du pays, se fonde sur la recherche de relations équilibrées et l’intérêt mutuel avec tous les pays qui veulent coopérer avec elle.

C’est ce qui ressort, par exemple, des propos tenus par Saïd Chanegriha, en février dernier, lors de sa réception du général Michael Langley. Le chef d’état-major de l’ANP a alors déclaré que la coopération militaire avec les Etats-Unis doit être abordée avec «avec pragmatisme et objectivité» en fonction des «questions d’intérêt commun dans la région» et à la lumière du «contexte sécuritaire prévalant sur la scène internationale». Il a, toutefois, fait remarquer que «l’émergence de conflits armés et l’exacerbation des crises et des tensions» devra s’accompagner d’une «nouvelle vision du droit international plus équitable, permettant de garantir la stabilité, le développement et la prospérité pour tous les peuples sans distinction». Tout en se félicitant de «la qualité» et du «niveau atteint» de la coopération militaire avec les USA depuis 2005, il a, cela dit, rappelé que l’Algérie est «extrêmement attachée au principe du non-alignement» et entretient «des relations militaires et économiques avec de nombreux pays amis».

Mohamed Badaoui

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