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Un expert sonne l’alarme : des espèces végétales algériennes, vieilles de milliers d’années, risquent la disparition.

L’Algérie débourse chaque année des milliards de dollars pour importer sa nourriture. Pendant ce temps, son patrimoine végétal ancestral est en grave danger. Vieilles de plusieurs milliers d’années, plus de 2 000 sortes de graines algériennes sont menacées de disparition par le réchauffement climatique et par l’importation de semences étrangères, selon l’expert agronome Dr Abderrezak Chebouti.
Dans un entretien accordé à l’APS, le scientifique a fait part de son inquiétude sur la sécurité alimentaire du pays, si rien n’est fait pour mettre à l’abri les espèces endémiques. « Des mesures devraient être déployées en urgence pour préserver les espèces locales et la diversité génétique contre les impacts des changements climatiques », a-t-il averti.
Il a, d’autre part, mis en garde sur le danger de substituer aux espèces locales des « variétés améliorées » importées de l’étranger, une « solution facile » adoptée par des agriculteurs pour répondre à la demande croissante du marché. Cette pratique risquée pourrait conduire à « la disparition progressive de nos variétés de graines, pourtant mieux adaptées aux conditions climatiques locales ».
C’est pourquoi, le spécialiste lance un appel pressant aux autorités pour la création d’une banque pour préserver ce patrimoine génétique végétal. « A partir de nos graines locales, nous pouvons développer de nouvelles variétés à haut rendement, de haute valeur nutritionnelle et résistantes au stress hydrique, ce qui nous permettra de nous passer des importations des graines », a-t-il recommandé. Etant « mieux adaptées aux conditions climatiques locales », M. Chebouti préconise de conserver « en priorité » les variétés stratégiques telles les graines de céréales, les légumineuses alimentaires et les fourrages. D’autant plus, comme il a tenu à le rappeler, que l’Algérie importe chaque année environ six millions de tonnes de produits céréaliers alors qu’elle pourrait aisément augmenter son rendement à l’hectare. Le même constat peut être fait pour les légumes secs dont le manque à gagner de 2 millions de quintaux est compensé par une importation qui dévore 250 millions de dollars par an. La production du fourrage et ses conséquences sur celle du lait et ses dérivés alors que celle de viande est un autre sujet de préoccupation du chercheur.  Qu’est-ce qui empêche donc la création de cette « banque des graines locales » ?
Selon le Dr Chebouti, la structure existe à la station expérimentale agricole de Baraki à la périphérie d’Alger mais le projet est à l’arrêt pour des raisons financières. Le montant initial prévu pour son lancement, dit-il, doit être revu en raison de la dévaluation du dinar. Il s’agit pourtant d’un investissement « stratégique » et
« urgent », soulève-t-il. Il permettra à l’Algérie « de préserver et d’enrichir son patrimoine génétique végétal en assurant le stockage de petites quantités de semences récoltées auprès des agriculteurs des différentes régions du pays ».

Mohamed Badaoui

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