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Transport aérien : Air Algérie réagit pour ne pas mourir

Confrontée à une situation financière désastreuse, la compagnie nationale du transport aérien n’a d’autre choix que de se restructurer, d’augmenter sa performance pour tenir tête à la concurrence qui va s’accentuer par l’ouverture du marché au privé.  

Air Algérie, qui était durant juste après l’indépendance le porte-étendard flamboyant de l’Algérie dans les capitales du monde vit depuis des décennies maintenant une situation peu enviable. En clouant pendant des mois ces appareils au sol, la crise sanitaire a considérablement aggravé son état de santé. Ses pertes se chiffrent aujourd’hui en dizaines de millions de dollars.

La compagnie emploie un personnel pléthorique et possède des agences aux quatre coins du pays ainsi que dans plusieurs capitales étrangères sans que cela ne se traduise par un gain de rentabilité. Ses clients, notamment la communauté nationale installée à l’étranger, se plaignent de la cherté de ses billets, de ses retards et de son service en deçà des standards internationaux.

Toutefois, Air Algérie a décidé de réagir pour se relancer grâce un plan quadriennal de 2021-2025 qui viserait à « renforcer » sa position sur le marché algérien et -pourquoi pas ?- « occuper une place de prestige sur le marché aérien mondial, particulièrement dans l’espace africain », selon le ministère des Transports.

Lors d’une récente rencontre avec leur tutelle, le Pdg par intérim de la société et ses proches collaborateurs ont esquissé devant leur ministre Aïssa Bekkaï un « aperçu général » sur les perspectives du développement de leur maison. Ils comptent ainsi « se préparer à la période post-coronavirus, en prenant en considération les grands changements enregistrés en matière de transport aérien au plan local ».

Le ton est enthousiaste, ambitieux. L’objectif l’est autant : décrocher une place de prestige, particulièrement dans l’espace africain qui enregistre « un développement notable » dans tous les domaines.

Conquérir le marché africain

La stratégie pluriannuelle prévoit, dans un premier temps, de renforcer le positionnement de la compagnie sur le marché algérien par, notamment, le développement des lignes intérieures et le renouvellement de la flotte aérienne. Un effort qui, comme le souhaite la direction d’Air Algérie, suffira pour conquérir aussi un marché africain en expansion.  

Il faudra au préalable « la révision des textes juridiques et organisationnels régissant l’activité du transport aérien et de les restructurer en créant des filiales spécialisées dans les activités secondaires de l’aviation », estime l’exécutif de la compagnie.

Il est prévu ainsi la création d’une entreprise de maintenance avant le 31 décembre prochain ainsi qu’une société de services terrestres en 2022. Une campagne de promotion « de la destination Algérie en collaboration avec les instances et établissements concernés, outre l’introduction de la technologie et la numérisation dans l’ensemble des services clients » sera également mise sur pied, nous dit-on.

Après avoir écouté ces bonnes intentions, Bekkaï a salué les efforts consentis à l’effet d’améliorer l’entreprise et préserver ses acquis, en dépit des « conditions difficiles » induites par la pandémie. Il a enfin souligné la nécessité de mettre en place des plans de développements à court, moyen et long terme avec une vision claire dans des délais définis. Une manière de dire que les bons vœux ne suffisent dans ce domaine, sommant Air Algérie de compter sur ses propres capacités et saisir toutes les opportunités pour la concrétisation de ses plans de développement. Il a ensuite rappelé « les instructions du président de la république et les orientations du premier ministre » pour la « la restructuration de cette compagnie, la révision de son mode de gestion et l’amélioration de ses prestations de service ». Soit performance ou disparition, surtout que l’ouverture du transport aérien au privé est l’une « des priorités du ministère ».

Le ministre des Transport a même conseillé à la compagnie de réduire les prix des vols intérieurs pour encourager les Algériens à se déplacer par avion dans les différentes régions du pays, notamment le Sud.

En un mot, Air Algérie comme toutes les entreprises publiques doivent cesser d’être un gouffre financier vivant aux dépens de l’Etat si elles veulent perdurer. Désormais, la survie sera au plus apte. C’est écrit noir sur blanc dans le plan d’action du gouvernement qui vient d’être adopté par l’Assemblé nationale.

Mohamed Badaoui

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