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Santé publique : Mustapha Pacha risque l’arrêt cardiaque

Le service de cardiologie de l’hôpital Mustapha Pacha d’Alger connaît de graves dysfonctionnements, selon son chef, le professeur Salim Benkhedda qui a publié une alerte urgente sur sa page Facebook.

C’est un vrai cri de détresse qu’a lancé vendredi, sur sa page Facebook, le professeur Salim Benkhedda, chef du service cardiologie à l’hôpital Mustapha Pacha d’Alger, à propos de dysfonctionnements aux urgences cardiaques.

«Nos deux salles de coronarographie sont en panne», a-t-il alerté, ce qui rend impossible «de prendre en charge l’urgence des urgences cardiaques : l’infarctus du myocarde», a-t-il ajouté.

La situation ne date pas d’aujourd’hui. «Depuis 2015 nous supplions en vain l’administration de nous ramener une salle de coronarographie neuve sans résultat», a souligné Benkhedda. Étant sollicités sept jour sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les équipements ont fini par montrer «des signes d’essoufflement». Cela se traduit par la multiplication des pannes et des arrêts intempestifs «en pleine procédure», notamment lors du «largage de stents».

Le professeur a, en outre, indiqué que «chaque semaine le technicien revient pour une panne», autre fois pour la carte ou le tube à rayon X. Visiblement en colère, le spécialiste a utilisé l’interjection algérienne «Tzagate !» pour démontrer l’ampleur du péril. D’autant plus, a-t-il révélé, «que la firme GE ne possède pas de pièces de rechange sur place». Le personnel soignant est contraint d’attendre «plusieurs jours, voire plusieurs semaines» avant de recevoir «une toute petite pièce» qui tient dans «la paume de la main». C’est «inadmissible», s’est-il exclamé.

D’après le professeur, la firme General Electric affirme que «l’hôpital refuse de signer la convention» avec elle pour le remplacement du matériel obsolescent. Mais le CHU Mustapha Pacha rétorque que la compagnie est de mauvaise foi, selon Benkhedda, et met la balle dans le camp des «commissions du ministère qui rejettent chaque année» ses demandes de salle. «Entre-temps, ce sont les malades et les médecins qui payent». Cela se répercute négativement sur la programmation des «malades à froid qui attendent depuis des semaines». Il ne reste, dans ce cas, que le recours à «la thrombolyse pour les infarctus (injection de thrombolytique pour dissoudre le caillot et ouvrir l’artère) une procédure qui échoue une fois sur deux».

Le coup de gueule de Salim Benkhedda a précédé de peu la déclaration faite, hier à Annaba, par le ministre de la Santé Abdelhak Saihi qui préconise «l’accès du patient à une prestation sanitaire de qualité là où il se trouve». Cet impératif constitue, estime le responsable, «la meilleure voie vers l’efficience dans ce secteur».

Saihi a, par ailleurs, rappelé que la numérisation «demeure l’outil le plus efficient pour assurer une gestion moderne des équipements du secteur de la santé. Il a ainsi plaidé pour «la généralisation du numérique à tout le réseau des structures sanitaires y compris les unités de santé de proximité».

Avec un taux annuel de 34%, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité en Algérie, selon les chiffres de l’Institut national de la santé publique (INSP). Ces pathologies sont en augmentation constante au regard d’un rythme de vie de plus en plus stressant, de la dégradation de la qualité de la nourriture et du vieillissement de la population. En plus du tabagisme, de l’hypertension artérielle, beaucoup d’Algériens souffrent de diabète et d’obésité. Le surpoids affecte plus de la moitié d’entre eux, selon les statistiques du ministère de la Santé.

A plusieurs occasions, les autorités ont affirmé que le pays disposait de moyens humains et matériels qui lui assurent une autonomie en matière de prise en charge des malades.

Cette réalité est donc démentie par le statut du chef de service de cardiologie du plus important hôpital de la capitale et donc du pays. Celui-ci décrit plutôt une situation alarmante en déphasage complet avec les satisfécits régulièrement publiés par le ministère de la Santé.

Il est vrai que l’ex-patron du secteur a proposé, en septembre dernier, la démolition de l’établissement qui, selon lui, ne répond plus aux normes au regard de sa vétusté (il a été construit en 1845). « Nous trouverons un terrain et nous le reconstruirons verticalement et selon les normes internationales», avait-il promis juste avant de perdre son portefeuille au profit de Salhi. 

Mohamed Badaoui

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