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Référendum constitutionnel en Tunisie : l’enjeu est l’avenir de l’expérience démocratique

Les résultats du référendum seront annoncés mardi, pour être ensuite soumis aux recours, et les résultats définitifs seront annoncés au plus tard le 27 août prochain.

Les opérations de vote dans le cadre du référendum sur le projet de la nouvelle Constitution ont débuté hier en Tunisie, dans plus de 11.000 bureaux, ont rapporté des médias.

Le président tunisien, Kaïs Saïed, avait insisté lors d’un Conseil des ministres sur le rôle clé du peuple pour passer d’une Constitution qui aurait conduit l’Etat à « l’implosion », à une Constitution traduisant la volonté des Tunisiens.

Le véritable enjeu n’est autre que l’avenir de l’expérience démocratique en Tunisie. Tout porte à croire que la parenthèse ouverte par le « printemps tunisien », berceau de la vague des « printemps arabes » de 2011, est en train de se clore. Et qu’un régime de type radicalement nouveau émerge, mélange d’autocratie et de populisme.

Par certains côtés, la nouvelle autocratie qui se met en place, adossée notamment à un raidissement policier, fait penser à la période pré-2011. Mais ce serait une erreur d’analyser Kaïs Saïed comme un simple retour de Ben Ali. La grande différence est dans le rapport aux élites.

Ben Ali avait ménagé les élites, avait cherché à les inclure dans son écosystème (parti RCD, réseaux de captation des richesses, etc.) même si une partie d’entre elles a décroché à la fin, à la fois sur la question de la démocratie et sur la question de l’essor d’une voyoucratie des affaires (belle-famille de Ben Ali) qui mettait à mal certaines positions des vieilles familles. Avec Kaïs Saïed, c’est tout autre chose : il est dans une guerre permanente contre les élites.

Il les méprise fondamentalement. Il en « tient » une partie avec des dossiers de corruption. La configuration sociale autour de Kaïs Saïed est donc très différente de celle des ses prédécesseurs.

Hier, les bureaux de vote ont commencé à 5H00 GMT pour accueillir les électeurs d’après l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). Ils fermeront à 21H00 GMT. Selon l’instance, 9.296.064 Tunisiens ont été inscrits pour participer à ce référendum.

Les expatriés tunisiens inscrits sur les listes électorales ont, eux, commencé à voter samedi dans 47 pays, et ont jusqu’à hier pour s’exprimer sur le projet de la nouvelle constitution.

Dans une feuille de route censée sortir le pays de la crise politique qu’il traverse depuis plusieurs mois, dévoilée en décembre, le président tunisien avait annoncé un référendum sur des amendements constitutionnels le 25 juillet, avant des législatives le 17 décembre.

Kaïs Saïed bénéficie toujours d’un socle important de soutien populaire. Il est fondé non pas sur l’approbation de son projet – que les gens comprennent mal – mais sur un « espoir » diffus qu’il améliorera leur situation socio-économique.

Et aussi sur le rejet des partis associés à la gestion post-2011. Mais sa courbe de popularité décline. Sa cote de confiance est passée de 82,4 % après son coup de force du 25 juillet 2021 à 58 % en avril.

Il a donc perdu 25 points en un an. Mais il faut admettre que ce niveau reste élevé, bien supérieur à toute autre personnalité tunisienne. Le véritable test de l’après-référendum se fera sur la question sociale.

R.I & agences

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