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Madjid Khelassi est décédé : parcours d’un homme entier

Il était l’un des piliers de La Nation. Sa belle plume, son regard exercé et sa personnalité énergique ont marqué ses collègues et enrichi le contenu du journal.  

Il est difficile d’écrire sur la mort d’un collègue, un ami, dont on vient d’apprendre la mort quelques instants plus tôt. Les souvenirs se bousculent. Les images défilent dans le désordre. Les mots s’entrechoquent et créent un brouhaha que rien ne maîtrise. Que retenir d’un parcours aussi riche que celui de Madjid Khellassi, chroniqueur émérite de La Nation parti, hier, pour un voyage vers les étoiles ?

L’élégance, d’abord, la finesse, énergie débordante, contagieuse et l’esprit vif avec lequel il traquait ce qui contrevient à la raison, ce qui contredit le bon sens. Madjid n’exprimait, cependant, jamais ses critiques avec pesanteur et par le biais d’un jugement hautain. Il préférait se moquer, rire aux éclats, des distorsions qu’il observait et des auteurs des méfaits.

Enfant de la Casbah, il avait toujours la boutade ancienne à portée de main pour qualifier tel acte absurde, tel comportement déviant. Profondément engagé envers une Algérie radieuse, en accord avec son âme ancestrale mais ouverte sur la modernité, il appliquait des sentences à l’humour corrosif contre ceux qui attentent à sa noblesse et à ses vertus.

Doué d’une plume belle, d’un style flamboyant, il animait chaque jour les colonnes du journal d’une parure de phrases scintillantes qui témoignait de sa profonde connaissance du dur métier de vivre. Ses textes se déroulaient comme des phases de jeu d’un match de foot, son autre passion, lui l’ancien sociétaire de l’USMA. Il enchaînait les dribbles, les crochets et les tirs parfaitement cadrés.

Curieux, à l’affût de belles idées à partager, redresseur de tort mais sans se prendre pour Tarzan, comme son surnom le laissait penser, il avait le verbe efficace, la répartie drôle et inventait avec une facilité déroutante calembours et contrepèteries. Une discussion avec lui était tout sauf banale, une partie de plaisir où les sérieux, la gravité, se disputait joyeusement avec accès d’hilarité.  

Madjid s’absentera de notre rédaction, certes, mais son âme y demeurera à jamais. Il avait choisi «En vrac» en guise de titre à sa chronique, mais lui était un être entier.

Mohamed Badaoui

Au nom de l’équipe de La Nation   

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