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Les «influenceurs» une nouvelle fois devant le juge

Le procès en appel des «influenceurs» qui s’est ouvert hier est celui de la nouvelle société algérienne. Celle-ci  évolue dans le désordre et dans le mystère du monde virtuel que ni les parents ni les enseignants n’arrivent à maîtriser.

Numidia Lezoul, Rifka et Stanley, les jeunes «influenceurs» des réseaux sociaux qui ont été condamnés en juin pour complicité d’escroquerie dans l’affaire «Future Gate» sont une nouvelle fois passés devant le juge. Leur procès en appel s’est ouvert, hier, à Alger et, à l’heure où nous mettons sous presse, aucune information sur leur remise en liberté ou la confirmation de la peine d’un an ferme dont chacun d’eux a écopé n’a été publiée.

Il  y a juste quelques mois, les jeunes célébrités étaient suivies par des millions de fans sur le web. Numidia Lezoul drainait six millions d’abonnés, Boudjemline Farouk, dit Rifka, captait  4 millions et Mohamed Aberkane, alias Stanley, possédait près de deux millions de followers.

Cette soudaine renommée a attiré vers eux des labels commerciaux intéressés par placer leur publicité sur leurs chaînes Istagram, Youtube ou d’autres réseaux. Parmi leurs clients figurait un jeune entrepreneur à peine plus âgé qu’eux, Oussama Rezagui, qui dirigeait une société fictive à travers laquelle il a arnaqué des dizaines d’étudiants désireux de s’inscrire dans des universités étrangères. Ces derniers avaient payé de fortes sommes en dinars et en devises étrangères pour réaliser ce rêve mais, arrivés sur place, ils ont été livrés à eux-mêmes sans prise en charge. Les conditions d’hébergement et d’études promises par Future Gate, l’agence de Rezagui, ne correspondaient pas au contrat que les candidats à l’exil universitaire avaient signé.

Du coup, les victimes de cette opération frauduleuse, montée grâce aux réseaux sociaux et avec l’aide médiatique de «influenceurs», ont porté plainte contre l’intermédiaire indélicat. Celui-ci a été aussitôt arrêté et condamné à sept de prison entraînant dans sa chute les trois animateurs 2.0 qui s’étaient chargés de sa publicité. Une quatrième figure, Ines Abdelli, avait participé indirectement à cette entourloupe mais elle a été épargnée par la Justice, puisque mineure au moment des faits. Elle a été, cependant, placée sous contrôle judiciaire.

Quelle que soit son issue, ce procès en appel est celui de la nouvelle société algérienne qui s’est totalement atomisée avec l’émergence des valeurs individuelles depuis l’ouverture en désordre du pays sur la culture du marché. Les réseaux sociaux n’ont fait que renforcer cette tendance et donné un cadre organisé à cette atrophie du moi.

Les jeunes Algériens comme leurs congénères ailleurs sur la planète se réfugient de plus en plus dans un monde virtuel où ils peuvent échapper au contrôle des parents qui n’arrivent plus à suivre les développements vertigineux du Net.  Car, aujourd’hui, il suffit d’avoir un smartphone pour diffuser un contenu libre de toute censure et le diffuser dans la seconde qui suit.

Toutefois, les Etats, en particulier l’Algérie sont jaloux de leur pouvoir dans ce domaine. Plusieurs personnes l’ont appris à leurs dépens. Un simple post sur Facebook, sur Twitter, ou une vidéo sur Youtube, Instagram ou Tik Tok peut conduire son auteur en prison.

L’école, pour sa part, est totalement distancée par l’évolution rapide des nouvelles technologies de l’information. Elle les voit comme de simples supports qu’elle commence à peine à vouloir inclure en tant qu’outils pédagogiques sans savoir que les élèves ont déjà des années d’avance sur elle quant à leur maîtrise. Les enfants ont ainsi accès à des programmes, à des sites, à des applications qu’aucun éducateur ne peut surveiller et, donc, orienter jeune cerveau en formation vers un développement rationnel et équilibré d’un. D’où le danger de voir se multiplier des cas comme celui des «influenceurs».  

Mourad Fergad

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