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Le métro d’Alger peine à retrouver sa vitesse de croisière

Après une interruption du service qui a duré du début du confinement sanitaire, en mars 2020, jusqu’au 7 octobre 2021, le Métro d’Alger a repris son service mais avec de longues attentes entre les rames s’élevant à certaines à 15 minutes à des heures de grande affluence.

Le fleuron de la modernité d’Alger, son métro, est l’un des plus lents sinon le plus lent de la planète. En journée, durant les jours ouvrables, le passage des rames peut dépasser les 15 minutes en dehors des périodes de rush.

A partir de sept heures, ce temps peut encore s’allonger même si les portes du transport public le plus prisé de la capitale restent ouvertes jusqu’à 1 heure du matin. Le mois d’avant, les agents fermait ses grilles à 21 heures. Un horaire susceptible d’être reconduit à la rentrée peut-être même au mois d’août puisque le communiqué de l’allongement du temps d’ouverture n’a évoqué que juillet qui a coïncidé, cette année, avec les festivités du soixantenaire de l’Indépendance.

Conçu pour être un moyen de locomotion rapide, le métro d’Alger a baissé de rythme depuis la reprise du service. S’agit-il d’une diminution volontaire du turn-over pour réaliser des économies, comme il se dit ici et là, ou d’un manque de maîtrise technique, comme il se chuchote ailleurs ? Il se peut aussi que les travaux d’extension vers d’autres destinations soient derrière ces perturbations. Le secret est bien gardé.

On se souvient que lors de son arrêt total en pleine pandémie, l’entreprise a observé un parfait silence sur les raisons qui l’avaient gardé à quai sous prétexte de prévention de la propagation du covid-19. Or, même dans les capitales européennes qui vivaient une situation, le train souterrain a continué à fonctionner avec l’adoption de mesures de distanciation et d’hygiène.

A l’époque, à Alger, des rumeurs avaient fait état d’une sorte de coup de Trafalgar qu’aurait commis la Régie parisienne des transports publics qui le gérait depuis son inauguration en 2011. Celle-ci aurait, disait-on, rapatrié avec elle tout le programme qui permettait sa bonne marche. Faux, a répliqué la compagnie. Léa Commeau, attachée de presse du groupe français, avait affirmé alors que la Ratp a «procédé à une passation de l’ensemble des activités d’exploitation et de maintenance» et précisé que «ceci a été formellement acté par des procès-verbaux des inventaires contradictoires (c’est-à-dire en présence des deux parties)». La démarche a concerné «les actifs restitués ou développés» ainsi que «les éléments de savoir-faire notamment les procédures d’exploitation et de maintenance et leur supports informatiques, entre autres l’historique des opérations de maintenance réalisées».

Pourquoi donc le métro d’Alger peine-t-il à retrouver un trafic régulier depuis neuf mois ? Il est clair que les équipes algériennes qui le gèrent depuis le départ des Français n’ont pas encore totalement maîtrisé toutes les exigences de ce type de transport qui requiert une attention à la seconde près. Bien que les stations ainsi que les cabines demeurent aussi propres et bien tenues qu’au premier jour, en grande partie grâce au civisme des usagers, les retards et la dilatation des délais de passage des voitures nuisent cependant à la rigueur de sa gestion.

Même les écrans installés depuis peu sur les quais pour informer les passagers sur le temps d’attente du prochain train marchent de curieuse manière. Parfois, ils restent figés sur un horaire puis ils sautent rapidement de plusieurs minutes. Il arrive ainsi qu’ils affichent un délai de trois minutes alors que le train entre en gare. Du coup, ils passent à zéro.    

Le métro d’Alger est également toujours bien sécurisé, mais un bilan publié récemment par la police fait tout de même état de l’arrestation de 138 individus impliqués dans différentes affaires de détention de stupéfiants ou de vol. Neuf accidents corporels et matériels ont été, en outre, enregistrés ainsi que 46 interventions de secours.

Mohamed Badaoui

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