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La Fin du Leadership économique Américain, et après ?

La Chronique de Annouar El Andaloussi

La compétition pour le Leadership mondial est bien lancée. Aucun domaine n’est laissé de côté : l’économie, l’écologie, l’énergie, et de manière générale tout ce qui a rapport à la géopolitique mondiale et à l’exercice de l’influence. La crise du Covid et la guerre en Ukraine ont exacerbé les tensions post guerre froide.

Le monde est arrivé à la fin d’une époque, dominée par les Etats Unis d’Amérique.et qui a duré plus d’un siècle. L’histoire n’a jamais enregistré une hégémonie d’un seul pays sur toute la planète. Même les empires n’ont pas conquis toute la planète. C’est pourquoi, les américains, mais aussi les autres n’arrivent pas à admettre que les USA doivent un jour céder la place. Barak Obama déclarait dans un discours (2010), « Je ne veux pas de seconde place pour les Etats Unis ». Pourtant, leur croissance économique est plus lente que celle de beaucoup d’autres pays.  Entre 1960 et 2020, leur PIB réel a été multiplié par cinq et demi, alors qu’au cours de la même période, le PIB du reste du monde a été multiplié par huit et demi ; celui de la Chine a été multiplié par 92 fois. En 2020, l’économie des USA ne pèse que 1,3 fois celle de la Chine ; en 2025 ou 2030, elles seront équivalentes. Ce déclin économique relatif a et aura un impact sur leur puissance politique. Il faut noter que les concurrents des USA au leadership mondial ne sont pas bien lotis. Le Japon a entamé sa récession depuis maintenant plus de 20 ans ; la Russie a perdu son empire soviétique et l’Union européenne peine à construire une économie solide et surtout des institutions résilientes aux crises. La Chine seule maintient le cap pour exercer à terme son leadership économique d’abord et plus par la suite.  La Chine n’est pas indemne des contraintes et des fragilités internes tant au plan politique qu’au plan socio-culturel. « L’occidentalisation » du mode de vie de sa population, l’élévation du niveau de vie, l’urbanisation et les luttes interne au PCC exigent de nouvelles gouvernances et de nouveaux rapports sociaux.

Les USA n’ont jamais, dans le passé, pris au sérieux la Chine comme un concurrent dans les relations économiques internationales, au mieux ils admettaient que la croissance économique de la Chine ne conduit pas à une modernisation de l’économie et au développement technologique ; et c’est à ce dernier niveau que les règles du jeu ont changé pour la compétition à venir ; parce que leur focalisation sur l’ennemi éternel, la Russie, les a aveuglés. Aujourd’hui encore, les USA pensent que la meilleure stratégie pour sauver leur leadership est de creuser un fossé entre la Chine et la Russie. La Chine a montré qu’elle peut être autonome. L’Europe est devenue orpheline à cause de sa stratégie de « suiveuse ».

Nous sommes donc à la veille d’une grande transformation dans le monde aussi bien dans les structures, les acteurs que les institutions. Cette transformation conduira nécessairement à une recomposition des champs de bataille et des règles du jeu. La demande d’adhésion de l’Algérie au BRICS est une excellente démarche, mais faut-il remplir un minimum de conditions au plan économique pour ne pas être un petit suiveur dans une arène de plus en plus violente. Faire passer notre PIB à 300 Mds de $ (actuellement autour de 180 Mds) dans les 5 années à venir doit être un objectif de toute la Nation. Pour cela, il faut une réforme structurelle de notre économie autour d’un projet national d’industrialisation. Les défis sont donc nombreux, reste à les affronter avec méthode, organisation et continuité dans l’action

A.E

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