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« En Vrac » par Madjid Khelassi : On achève bien les champions !

Amar Benikhlef, triple médaillé d’or africain et vice-champion olympique de judo aux J.O de Pékin en 2008, pousse un retentissant coup de gueule à cause de sa situation socioprofessionnelle, et de la marginalisation, dont il fait l’objet de la part des autorités sportives du pays.
Dans une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, le judoka vice-champion olympique s’est montré très remonté contre la tutelle, (le MJS).
Ex-entraîneur national de la discipline, il fait état du peu de considération, dont il a toujours été l’objet, et donne un aperçu sur la peu reluisante situation d’un entraîneur national de judo, qui touche 40 000 dinars par mois.

Alors que dans le foot, les apprentis sorciers du ballon rond, qui s’auto-proclament entraîneurs, touchent entre 2 et 3 millions de dinars/ mois.

Dépité, dégoûté, ce brillant sportif titulaire d’un master révèle qu’il envisage de devenir vendeur de fruits dans le marché de son quartier !  Ah la tutelle ou ministère d’un sport camé au foot…joli théâtre d’ombres où dansent les fantômes des légendes oubliées et des exploits sportifs de jadis !
Avant Benikhlef, nous eûmes Moussa, boxeur également médaillé olympique tombé dans un oubli criminel et qui sombra, par désespoir, dans la délinquance.
Après l’épopée du sport, l’épopée du chagrin… qui étrangle les champions avec le ruban de leur médaille. Ils sont combien les sportifs, qui ont fait retentir l’hymne national, et qui sont, à présent, enfouis dans les ténèbres d’un dégueulasse oubli ?
L’éclatante prestation médaillée, sitôt l’hymne terminé, entame tout de suite son oraison. Un quart d’heure après sa médaille, le champion est mort d’indifférence ! Un vice-champion olympique de judo devenant vendeur de fruits et légumes !
Le tatamis de la gloire se fait l’étal de l’indifférence et voue un autre champion aux gémonies de l’oubli. On achève bien les champions !
«Que Celui qui n’est pas content change de pays»…nous avait dit, il y’a quelque temps, le ministre du Sport.
Benikhlef a changé de métier, pas de pays. Et le ministre est toujours ministre. Vautré dans l’indifférence, ce nouveau sport national.

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