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« En Vrac » par Madjdi Khelassi : Sénatown

Salah Goudjil, 90 ans, vient d’être élu président du Sénat…sur le cumulus du plébiscite !

Bienvenue à Sénatown…contrée attitrée du recyclage des carrières politiques en dents de scie. Bienvenue chez les papys increvables de notre paysage politique. Seniors encore ambitieux qui sentent l’antique et le présent sous le même costume.

Chambre haute, dit-on de cette institution qu’est le Sénat. Sénat-cénacle des carrières interrompues ou contrariées qui prennent leurs revanches sur les placards de la république.

Ici tout se tient, rien ne se défait…du cyprès du premier Chahid à l’ère quaternaire de l’autocratie.

Statut en or massif que celui de sénateur : Voiture allemande haut de gamme, chauffeur, cuisinier, résidence d’état, paie conséquente et job qui se résume à blablater ou, des fois, à donner l’assentiment à une loi, votée par sa sœur jumelle, la chambre basse.

Chaque matin, pas très tôt évidemment, un ballet, de limousines noires, se donne à voir boulevard Zirout-Youcef…C’est l’arrivée tonitruante des papys de la république.

Encombrement quotidien qui indique l’arrivée protocolaire des amitiés recuites dans l’arrière-cour des carrières : L’égosystème dans toute sa splendeur !

Question : combien coûtent les sénateurs et leur train de vie…aux caisses de l’Etat ?

Mystère et boule gomme. Ce qui est sûr, c’est que le sénateur gagne évidemment plus que le député.

Car le système, dans sa prodigieuse générosité, sait toujours faire la différence entre ses enfants…du plus zélé au plus fêlé.

Journée banale dans les bureaux qui donnent sur la rade de la bée…Alger.

Thé rite et conversations mythes. Les sénateurs ressassent chaque jour le serment de leur fidélité à la république.

On égrène les souvenirs de la révolution, des nuages de l’été 1962, de juin 1965, de l’arrivée de Chadli, du HCE, de Zeroual, de Boudiaf, de Boutef et tutti quanti. C’est une machine à remonter le temps quotidienne, qui s’épanche sur les exploits et les bravoures rajoutées.

Le 21e siècle, l’avenir du pays, ne sont jamais dans les propos. C’est toujours…il était une fois multipliée plusieurs fois. Car ici, les hiers sont éternels. Et si on supprimait le sénat ?

Réponse pas encore à l’ordre du jour…Sauf si de soudains dégâts des os…venaient interrompre les contorsions inutiles de ces «Has been», dans  cette anachronique gériatrie de la parole politique.

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