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Olga Tokarczuk et Peter Handke lauréats

Prix Nobel de littérature 2018 et 2019

L’Académie suédoise a remet  exceptionnellement, jeudi , deux prix Nobel de littérature, celui de 2019 et celui de l’an dernier, aux écrivains Olga Tokarczuk et Peter Handke.

C’est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale que l’institution désigne deux lauréats simultanément. L’année dernière, l’Académie a été secouée par un scandale d’agression sexuelle qui l’a privée du quorum de membres nécessaire pour statuer.

Olga Tokarczuk est récompensée pour « une imagination narrative qui, avec une passion encyclopédique, symbolise le dépassement des frontières comme forme de vie », a déclaré le secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, Mats Malm.

Olga Tokarczuk est la 15e femme à recevoir le prix Nobel de littérature, sur les 116 lauréats que compte le palmarès.

Peter Handke est distingué pour une œuvre qui « forte d’ingénuité linguistique, a exploré la périphérie et la singularité de l’expérience humaine », a-t-il ajouté. Auteur d’une douzaine d’ouvrages, Olga Tokarczuk, 57 ans, est considérée comme la plus douée des romanciers de sa génération en Pologne. Son oeuvre, extrêmement variée et traduite dans plus de 25 langues, va d’un conte philosophique « Les Enfants verts » (2016), à un roman policier écologiste engagé et métaphysique « Sur les ossements des morts » (2010), et à un roman historique de 900 pages « Les livres de Jakob (2014) ». Engagée politiquement à gauche, écologiste et végétarienne, l’écrivaine, la tête toujours couverte de dreadlocks, n’hésite pas à critiquer la politique de l’actuel gouvernement conservateur nationaliste de Droit et Justice (PiS).

Peter Handke, 76 ans, qui a publié plus de 80 ouvrages, est un des auteurs de langue allemande les plus lus et les plus joués dans le monde. Il publie son premier roman, « Les frelons », en 1966, avant d’accéder à la notoriété avec « L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty », en 1970, puis « Le malheur indifférent » (1972), dédié à sa mère. Il avait été distingué en 2009 par le Prix Franz Kafka.

Les lauréats recevront chacun la somme de 9 millions de couronnes (830 000 euros), la plus grosse dotation du palmarès Nobel et l’une des plus importantes au monde pour un prix littéraire.

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