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« En Vrac » de Madjid Khelassi : le sommeil d’une juste

Giséle Halimi et Djamila Boupacha à sa sortie de la maison centrale de Rennes le 22 avril 1962

Gisèle Halimi, militante féministe, anticolonialiste, avocate de Djamila Boupacha et d’autres fidayins de la Révolution algérienne, vient de tirer sa révérence.
Engagée et passionnée, elle était l’une des signataires en 1971 du célèbre Manifeste des 343 femmes avouant publiquement avoir avorté. Manifeste, que les détracteurs misogynes et machos surnommèrent : « le manifeste des 343 salopes ».
C’est à Tunis dans le quartier de la Goulette, et dans une famille de confession juive, que Geiza Élise Taieb, vit le jour le 27 juillet 1927. Cette naissance n’est même pas fêtée car son père est si déçu d’avoir une fille ( Il espérait un garçon) qu’il ne déclara sa naissance à ses amis que plusieurs semaines plus tard. Ce père, qui de prime abord, n’aimait pas les filles, aima passionnément cette « fille ».
Elle fit ses études de droit en France, revint à Tunis en 1949 et s’inscrit au barreau de la capitale tunisienne. Puis s’installe à Paris. Se marie puis divorce de Paul Halimi.
Quand la guerre embrase l’Algérie, Gisèle Halimi est dans sa peau, dans le rôle qu’elle a toujours souhaité : Militer pour l’indépendance de l’Algérie et défendre les indépendantistes.
En 1960, elle défraie la chronique en décidant de défendre Djamila Boupacha, une fidaya, accusée d’avoir posé une bombe. Gisèle Halimi révèle au monde l’histoire de cette jeune indépendantiste violée et torturée après son arrestation par les soldats de Massu.
En 1961, en dépit d’une plaidoirie à inscrire dans toutes les écoles de droits de la planète, Boupacha est condamnée à mort, puis graciée, en 1962 après les accords d’Evian qui mettent fin à la guerre d’Algérie.
Sa carrière durant, Halimi fut l’avocate des causes les plus ardues. Elle criminalisa le viol considéré en France simple délit. Appuya de toutes ses forces ( avec une autre figure féminine française, Simone Weil,) la loi sur l’avortement promulguée en 1975. Députée après l’élection de Mitterrand en 1981, ambassadrice de l’Unesco, écrivaine de grand talent, Gisèle Halimi raconta souvent que son plus beau combat fut son engagement pour l’indépendance de l’Algérie.
Gisèle Halimi nous quitte pour un sommeil éternel , le sommeil d’une juste qui consacra  sa vie à un monde plus humain. Repose en paix Gisèle, nous t’aimions d’un amour qui ne se dit pas. Ton nom habitera nos cœurs pour toujours.

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