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Déficit de la Caisse nationale des retraites : «Il faut trouver d’autres sources de financement»

L’augmentation du nombre de retraités par rapport au nombre d’assurés sociaux est responsable du déficit de la Caisse nationale des retraites (CNR), selon son directeur, Slimane Melouka qui s’est exprimé sur les ondes de la Radio nationale.
Melouka a expliqué, en outre, que l’équilibre financier de la Caisse a besoin de cinq adhérents pour un retraité, contrairement à la situation actuelle où 2,1 cotisant (moyenne statistique) pour un seul bénéficiaire !
Même si le déficit se stabilise, le directeur de la CNR a mis l’accent sur la nécessité de trouver d’autres sources de financement pour diversifier les rentrées de la CNR, sachant que celles-ci proviennent en grande partie de la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS).
Dans une contribution accordée à un quotidien national, le militant syndicaliste et expert dans le domaine de la Sécurité sociale, Noureddine Bouderba, a jugé, pour sa part, que « la CNR agonise depuis plusieurs années ». Il a estimé que celle-ci « n’est maintenue que grâce aux aides de l’Etat, inclues dans les différentes lois de finances et les contributions de la CNAS ciblant directement la poche des employés et des retraités.  Le plan d’action proposé est non seulement critiqué mais crée une nouvelle polémique, poursuit-il. Pour renflouer la caisse, ces mesures ne proposent rien d’autre que de piocher dans les poches des retraités. Pour le syndicaliste, «Il n’y a que la bonne gouvernance qui permettra à la question de la Sécurité sociale et de la retraite d’être résolue sans toucher aux acquis des travailleurs et des retraités. »
D’après lui, seuls 9% de la population algérienne ont atteint l’âge de la retraite de 60 ans, dont 50% ont une pension de retraite. Sur ce taux, plus de 60% de ces retraités ont une pension inférieure au SNMG. Noureddine Bouderba préconise une série de mesures, dont essentiellement la lutte contre la non-déclaration des travailleurs et la sous-déclaration des salaires permettant un gain potentiel de 200 milliards de dinars. « Il faut augmenter de 50% le SNMG sur 2 ans avec en contrepartie la hausse du taux de cotisation de la Sécurité sociale de 03%, dont 2% seront à la charge de l’employeur et 1% à celle du travailleur, avec minoration de l’IRG pour protéger le pouvoir d’achat » a-t-il proposé.
M. Bouderba recommande l’instauration d’une taxe contre la pollution et la protection de l’environnement, avec l’affectation, d’une part, aux caisses de Sécurité sociale au vu des dépenses engendrées à cause de ces phénomènes et l’affectation à la Sécurité sociale d’une partie des taxes douanières et à la consommation.
« Je propose également de réindexer la taxation, instaurée au profit des Caisses de sécurité sociale, des importateurs-distributeurs du médicament sur le chiffre d’affaires, au lieu de la marge bénéficiaire» souligne-t-il.
Pour réduire les charges, il suggère de dissoudre la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC) et de transférer le risque assurance chômage à la CNAS, tout en supprimant tout financement en appui à l’emploi, estimé annuellement à 42 milliards de dinars et qui ne devrait pas reposer sur les cotisations des salariés mais sur le Trésor public.

Samia Acher

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