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Déclaration de guerre et combats violents entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie

Trente ans après un conflit meurtrier, jamais vraiment éteint, la région caucasienne du Haut-Karabakh, disputée entre Azerbaïdjan et Arménie, est de nouveau le théâtre de combats sanglants.

Des très violents combats ont éclaté ce dimanche dans la région du Nagorny Karabakh, plus connue sous le nom de Haut Karabakh, région sécessionniste d’Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d’Arméniens et soutenue par l’Arménie. Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir lancé les hostilités. Un conflit régional dans lequel la Russie et la Turquie pourraient devoir s’impliquer.

Les faits : des civils et des militaires tués

« Des morts et des blessés ont été rapportés parmi les civils et les militaires », a déclaré la présidence azerbaïdjanaise, avant d’annoncer en fin de journée la mort de 16 soldats séparatistes arméniens. Le médiateur public du Karabakh a lui déclaré qu’il y avait « des victimes civiles » dans la population de la région. Une femme et un enfant sont décédés, a pour sa part rapporté l’attaché de presse du ministère arménien de la Défense.

Deux hélicoptères azerbaïdjanais ont été abattus, avait indiqué plus tôt ce ministère. L’Azerbaïdjan a pour sa part affirmé avoir lancé une « contre-offensive » après une attaque des séparatistes, et fait état d’un seul appareil abattu. Un peu plus tard dans la journée, Bakou annonçait avoir conquis une demi-douzaine de villages sous contrôle arménien.

Le pays affirme également avoir détruit 12 batteries anti-aériennes.

Les bélligérants : loi martiale et mobilisation générale

« L’armée azerbaïdjanaise combat aujourd’hui sur son territoire, défend son intégrité territoriale, porte des coups dévastateurs à l’ennemi. Notre cause est juste et nous allons vaincre », a promis le président azerbaïdjanais Ilham Aliev dans un discours à la télévision.

« J’ai décrété la loi martiale et la mobilisation générale pour les plus de 18 ans », a déclaré le dirigeant du Karabakh, Araïk Aroutiounian lors d’une séance extraordinaire du Parlement local, selon la présidence.

« La loi martiale et la mobilisation générale sont décrétées en Arménie. J’exhorte tout le personnel à se présenter aux commissariats militaires », a déclaré de son côté sur Facebook le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian. Dans l’après-midi, dans un discours retransmis à la télévision, il a été un cran plus loin dans ses propos : « Le régime autoritaire (azerbaïdjanais) a de nouveau déclaré la guerre au peuple arménien » a-t-il dit, ajoutant que Bakou et Erevan étaient au bord d’une « guerre d’envergure » qui pourrait avoir « des conséquences imprévisibles » et s’étendre au-delà du Caucase.

Les réactions : Turquie et Russie s’activent

« Nous condamnons sévèrement l’attaque de l’Arménie contre l’Azerbaïdjan », a réagi le porte-parole de la présidence turque sur Twitter, assurant l’Azerbaïdjan du « soutien total de la Turquie ». Le ministre turc de la Défense a ensuite affirmé qu’Ankara allait soutenir l’Azerbaïdjan « avec tous ses moyens .». « Le peuple turc va soutenir nos frères azerbaïdjanais avec tous nos moyens, comme toujours », a ensuite déclaré le président Erdogan sur Twitter.

La Russie, qui soutient l’Arménie a appelé à un « cessez-le-feu ». « Nous appelons les parties à cesser immédiatement le feu et à entamer des négociations afin de stabiliser la situation », a déclaré le ministère des Affaires étrangères russe dans un communiqué, précisant que « des bombardements intenses se produisent le long de la ligne de contact des deux côtés ». Dans la soirée, Vladimir Poutine, a appelé à « mettre fin aux hostilités », et à « mettre en oeuvre tous les efforts nécessaires pour éviter une escalade de la confrontation », à l’issue d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre arménien.

La France s’est dite de son côté « vivement préoccupée par les affrontements d’ampleur en cours au Haut-Karabakh », appelant les belligérants à « cesser immédiatement les hostilités et à reprendre le dialogue ». L’UE a également appelé à la cessation des hostilités et au « retour immédiat aux négociations ».

Le contexte : 30000 morts dans les années 1990

Le Nagorny Karabakh a été le théâtre d’une guerre au début des années 1990 ayant fait 30.000 morts. Depuis, les autorités azerbaïdjanaises veulent en reprendre le contrôle, par la force si nécessaire, alors que des pourparlers de paix sont dans l’impasse depuis de longues années.

Des combats opposent régulièrement séparatistes et Azerbaïdjanais, ainsi qu’Erevan et Bakou. En 2016, de graves heurts armés avaient failli dégénérer en guerre au Karabakh, et des combats ont également opposé en juillet 2020 Arméniens et Azerbaïdjanais à leur frontière.

AFP

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