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Abdelmajid Tebboune à la presse : les prochaines législatives « ne ressembleront en rien à celles du passé »

Après près de quatre mois d’absence, le président de la république, Abdelmajid Tebboune a renoué dans la soirée de lundi à mardi avec le jeu des questions réponses. Le président est apparu comme quelqu’un qui sort d’une rude épreuve, comme il a déclaré, lui-même, en répondant à une question sur son état de santé. «Je suis passé par une rude épreuve, et El hamdou lilah,» s’est contenté de dire, sans autres détails sur la nature de sa maladie.

Concernant les rumeurs en lien avec son état de santé, il a précisé précisant qu’elles avaient pour source des sites électroniques dans un pays voisin diffusant depuis l’Europe. Il s’est dit révolté contre ces personnes sans loi ni foi prétendant que je n’étais pas malade et que j’avais été victime d’une attaque …, affirmant que « 97% de ces rumeurs émanent de l’étranger et vous en connaissez bien la provenance ». « Nous avons les informations et nous connaissons ces sites, au nombre de 98. Ils sont chez nos voisins et diffusent depuis la France et l’Espagne », a-t-il soutenu.

Possible organisation des législatives et locales à la même date

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que les élections législatives et locales pourraient être organisées à la même date, estimant qu’il s’agit d’une « revendication légitime » de la classe politique. « Il n’est pas écarté d’organiser les élections législatives et locales à la même date.

Cela représente une revendication légitime de la classe politique », a affirmé le Président de la République. Et d’ajouter: « les élections législatives émanent d’un programme politique clair. A cet effet, nous avons accordé toutes les facilitations et les garanties permettant aux jeunes de participer à ces échéances », assurant que la Loi électoral amendé devra « permettre l’émergence de compétences, mais aussi la lutte contre l’argent sale qui prolifère encore au sein de la société ».

Dans le même sens, il a estimé que l’organisation des élections législatives figurait parmi les engagements pris dans son programme politique contenant 54 points, relevant qu’il est impossible « d’arrêter le flux du changement, car les peuples progressent et les sociétés changent ». Le chef de l’Etat a mis en avant, par la même occasion, l’impératif changement des mentalités pour qu’on puisse construire « une nouvelle société et une Algérie nouvelle ».

Affirmant que les prochaines élections « ne ressembleront en rien à celles du passé », le Président Tebboune a estimé que le taux de participation « n’aura aucun impact sur les résultats de ces élections étant donné que de telles échéances ne réalisent pas de forts taux de participation à travers le monde ».

Gouvernement : changement profond après les législatives

Le Président a affirmé que le changement profond du Gouvernement interviendra après les prochaines élections législatives. « Je n’ai pas voulu opérer un changement total du Gouvernement par respect au peuple. Nous sommes à l’approche d’élections législatives qui seront organisées dans les deux ou trois mois prochains », a-t-il indiqué.

Le changement du gouvernement interviendra immédiatement après les élections « en fonction de l’issue de ces échéances », a-t-il ajouté. Evoquant le dernier remaniement ministériel partiel, il a rappelé qu’il a ciblé certains secteurs, à l’instar de l’Energie et de l’Industrie, des secteurs, a-t-il dit, qui n’ont pas donné de résultats sur le terrain, notamment en ce qui a trait à la vie quotidienne des citoyens.

Relevant des aspects positifs et négatifs pour ce qui est de l’action du Gouvernement, le Président Tebboune a cité cinq ou six ministres qui ont « fait couler beaucoup d’encre, dans des affaires de mœurs même ». Les membres du premier Gouvernement ont été choisis « en satisfaction des revendications du Hirak béni et authentique qui appelait à un changement institutionnel », a assuré le chef de l’Etat. Il dira sur ce point, « j’ai essayé autant que faire se peut de nommer de nouvelles têtes et j’ai honoré cet engagement en désignant de jeunes ministres et cinq ministres issus du Hirak, dont le travail de certains commence à donner ses fruits sur le terrain ».

L’Algérie n’enverra par ses troupes au Sahel

Le président de la République, a affirmé que l’Algérie n’allait pas envoyer ses troupes au Sahel et qu’elle n’était pas disposée à envoyer ses enfants à l’étranger pour se sacrifier pour autrui. « L’Algérie est une véritable force de frappe en Afrique. Notre armée est forte et nous avons réussi à préserver notre prolongement en Afrique et ailleurs. Il n’est pas question d’envoyer les enfants du peuple pour se sacrifier pour autrui.

Cette décision sera prise en cas de besoin de dissuasion », a souligné le Président. « La France connait très bien la forte influence de l’Algérie en Afrique », a-t-il ajouté, relevant que la « doctrine de l’Algérie repose sur un travail pour assoir la démocratie et aider à l’édification des états ».

Et de souligner « la présence naturelle de l’Algérie est en Afrique, mais cela ne veut pas dire que nous allons nous isoler de l’occident. Nous sommes une puissance régionale reconnue et des partenaires dans la résolution des crises en Libye et au Mali et ailleurs ».

« L’Algérie n’a jamais usé de son influence en Afrique, ni sur le plan économique ni sur le plan politique », a-t-il dit. Il a affirmé, par ailleurs, que l’Algérie « se rétablit aujourd’hui à l’intérieur et à l’étranger, sa voix est entendue et reprend ses forces avec le respect dû aux autres sans toutes fois céder, ne serait-ce qu’un iota de ses prérogatives ou de sa souveraineté ».

Sur le volet international, le chef de l’Etat a soutenu que l’Algérie entretenait d’excellentes relations avec les Etats-Unis, l’Union européenne et avec les frères au Golfe, et ce en dépit des divergences dans les vues. Elle voue toute la sympathie aussi au souverain saoudien, serviteur des deux lieux saints de l’Islam. Concernant la cause sahraouie, le Président Tebboune a assuré que l’Algérie « n’abandonnera pas la question du Sahara occidental, une question d’ailleurs tranchée en 1989 lors d’une réunion ayant regroupé le souverain marocain Hassan II, le souverain saoudien Fahd Ben Abdelaziz, et l’ancien président Chadli Ben Jdid. Ils sont convenus, à la demande du roi Hassan II, à ce que la question du Sahara occidental relève des prérogatives de l’ONU et pour une reprise des relations entre les deux pays », allusion faite à la réunion qui a abouti à la création de l’Union du Maghreb Arabe.

Pour ce qui est du Sommet arabe qui devait se tenir à Alger en 2020 et reporté en raison de la pandémie Covid-19, le Président de la République a rappelé que l’Algérie avait fait part de sa pleine disposition à abriter le Sommet, « nous ne voulons pas toutefois risquer la vie des personnes. Le Sommet est par conséquent reporté jusqu’à la fin de la pandémie ».

Des relations cordiales avec la France

Le Président de la République, a affirmé que l’Algérie entretenait avec la France de bonnes relations loin du complexe d’ancien colonisateur, soulignant l’existence de lobbies en France qui cherchent à saper ces relations.

Tebboune a mis en avant sa relation « cordiale » avec le Président français, « qui a permis d’atténuer une certaine crispation dans les positions ».

Il a fait état, dans ce sens, de puissants lobbies en France, notamment « un impliquant des voisins et qui s’emploie à parasiter les relations entre les deux pays et un autre représentant ceux qui ont perdu leur paradis (l’Algérie) et qui leur reste en travers de la gorge », a-t-il déclaré.

Le Président français, a-t-il poursuivi « est au courant du puissant lobby qui cherche à saper les relations entre les deux pays ».

A une question sur le dossier de la Mémoire et la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux en Algérie, et principalement les explosions nucléaires, le Président Tebboune a fait remarquer que « les bonnes relations de l’Algérie ne sauraient être au détriment de l’Histoire ou de la mémoire ».

« Nous ne renoncerons jamais à notre mémoire qui ne peut faire l’objet de marchandage mais les choses doivent se régler intelligemment et sereinement », a-t-il souligné.

Il a expliqué que le Pouvoir algérien « avance résolument dans le cadre des bonnes relations avec la France car cette voie est toujours bénéfique « .

Synthèse : Aziz. T – APS

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