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Un 42 vendredi plus tenace que jamais

Le mouvement citoyen pour le changement

Le  42e vendredi était si particulier pour le Hirak et c’était prévisible. Le dernier vendredi avant une élection rejetée par une grande partie des algériens. Un dernier vendredi avant le 12/12 mais assurément pas la dernière manifestation.  Alger a connu l’une de ses plus belles marches pacifiques, une foule compacte en train de crier à tue-tête son désire de justice.

Comme depuis le 22 février 2019, la capitale était au rendez vous dès la matinée. La marche, comme à l’accoutumé a débuté après la prière de vendredi.

À partir de ce moment et simultanément, trois grands cortèges s’ébranlent des trois grandes places d’Alger (Audin, place du premier mai et la place des martyrs). Des femmes, des enfants, des vieux  et des essaimes de familles forment une foule immense dont un nombre incalculable de drapeaux flotte.

 De la grande poste, on pouvait voir de loin la grande foule qui avance  vers la rue Didouche Mourad. Du jardin Sofia, une autre foule de manifestants s’apprête à pénétrer le boulevard du colonel Amirouche. Au même moment, les rues Abane Ramdane et Zighout Youcef se remplissent ; ce sont les enfants de Bab El Oued et de la Casbah qui arrivent tandis que les manifestants grouillent encore sur la place des martyrs.

Rassemblés entre la grande poste et la fac centrale, des centaines de milliers de personnes ont manifesté hier à Alger  pour exiger le départ de toutes les figures du régime et le changement radical du système politique en Algérie.

De la rue Pasteur à 14h50 une foule immense fait une halte en scandant « Etat civil, non militaire », «El Istiklal (indépendance) » et « pas d’élection avec les gangs ». L’énorme cortège de manifestant, constitué d’hommes et de femmes de tout âge n’a pas été interrompu pendant plus de 40 minutes. «Je me demandais si Alger la blanche peut contenir tout ce beau monde en couleur », me dit, souriant, un manifestant, emmitouflé dans un drapeau.

Les Algérois viennent, à travers les slogans chantés, écrit et criés, délivrer un message…des messages. Ils  rejettent les élections présidentielles prévues pour la semaine prochaine et menacent de recourir à une grève générale.

Sur les pancartes, les manifestants ont redoublé d’ingéniosité, « Libérez les détenus d’opinion, injustement incarcérés »,  « Pourvoir au peuple », « les élections d’un pouvoir corrompu est un piège à c…», « Je ne vote pas, je suis un élément du hirak », peut-on lire. Ils ont écrit aussi : « juge de la République, la légitimité émane du peuple », « celui qui ne bouge pas, ne sent pas ses chaînes » et «  le peuple veut la chute du système ». D’autres manifestants ont hissé des écriteaux et des caricatures très virulents, ciblant en particulier Gaid Salah, le vice ministre de l’intérieur et les chaines de télévision algériennes.

Au niveau de la El Khttabi, les manifestants scandent en chœur : «Makache intikhabate ya el îssabate !» (Pas d’élections avec la bande) et ça a duré de longues minutes. On pouvait entendre aussi : «Ma tekhewfounache bel achriya, ahna rebbatna el miziriya !» (Vous ne nous ferez pas peur avec la décennie noire, nous avons grandi dans la misère).

Un vieil homme s’écrie : «On chante Qassaman !» La foule entonne alors l’hymne national et à la fin des centaines de voix crient en même temps «Tayhia El Djazair !» avant que les youyous des femmes donnent à ce « vive l’Algérie » cette touche solennelle.

Une marée humaine s’engage sur la pente de la grande poste aux cris de : «Ya Ali Ammar, bladi fi danger, enkemlou fiha la bataille d’Alger !» (Ali Ammar, mon pays est en danger, on poursuivra la Bataille d’Alger). Ce sont les enfants de la casbah. Ils crient encore «Pouvoir assassin !» et encore «Makache intikhabate maâ el issabate !» «Had el Hirak wadjeb watani, welli ivoti khayen watani !» (Ce hirak est un devoir national, et celui qui vote est un traître à la patrie)… Le cortège traverse la rue pasteur en répétant : «Dégage Gaïd Salah, had el âme makache el vote !» (Pas de vote cette année), «Dawla madania, machi askaria !» (Etat, civil, non militaire), «Baouha el khawana, baouha !» (Ils l’ont vendu les traitres).

Ainsi s’achève le dernier vendredi avant l’échéance électorale décidé par le pouvoir. Après le 12 il y aura le 13… un autre vendredi… et le bras de fer continue.

Idir.R

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